Haïti consacre le dernier dimanche du mois de mai à la célébration de la fête des mères. Pour les Haïtiennes et les Haïtiens de partout, cette belle tradition représente une occasion solennelle pour honorer les mamans en leur offrant des fleurs et des cadeaux. Car, ces femmes solides (« poto mitan ») méritent d’être traitées avec amour, respect, reconnaissance, gratitude…

En ce jour de la fête des mères, Nouvayti a une pensée spéciale pour toutes les mamans courageuses haïtiennes. « Manman », bravo!

La plupart de ces femmes exceptionnelles sont d’origine modeste. Beaucoup d’entre elles se battent pour assurer l’éducation de leurs enfants, parfois sans l’accompagnement du père ni aucun soutien de la part de l’État. Responsables, elles parviennent à garantir le bien-être et la dignité de leurs enfants dans des conditions extrêmement difficiles. Quel geste d’amour et d’affection!

Depuis toujours, les mamans issues des quartiers populaires et de la paysannerie haïtienne sont systématiquement exposées aux violences structurelle, symbolique et politique. Elles sont souvent victimes de discriminations et de mécanismes d’exclusion sociale. Les femmes paysannes, les petites commerçantes, les « Madansara » (femmes travaillant dans l’économie informelle), les prostituées et les femmes de ménage (bonnes) figurent parmi les catégories les plus discriminées. Malgré tout, leur détermination, leur courage et leur amour pour leurs enfants demeurent incomparables.

Vénération des artistes 

Faute d’encadrement et d’aide sociale de la part de l’État, les artistes et créateurs transforment la souffrance, les sacrifices, la douleur, la détresse, et surtout le courage ainsi que l’amour des mamans en matière de création. Ils les utilisent pour créer du beau, leur donner une nouvelle vie et les sublimer. Tout cela pour rendre hommage aux mamans haïtiennes issues de couches sociales diverses, variées et hétérogènes.

Depuis les années 1970, la chanson haïtienne de tendance compas direct met en avant les conditions difficiles des mamans pour les honorer. Elle vante aussi le courage et la générosité de ces femmes qui ont donné vie à des êtres doués de sensibilité humaine. Manman de Bossa Combo (1977), Manman de DP Express (1983), Manman d’Accolade de New York (1984) en sont de belles illustrations.

De plus, dès les années 1990, des artistes d’autres tendances témoignent de leur reconnaissance envers la résistance des mamans face à la misère, mais aussi de la frustration liée au manque de moyens pour leur rendre la réciprocité. Manno Charlemagne (1992) énonce :

« Manman, ou wè ke mwen devwe chache lavi pou m pa kite w soufri, se pa anvi m manke, sanble se jou pa n ou an ki poko rive ». 

Ce refrain exprime une sensibilité, une conscience morale, un signe de reconnaissance des sacrifices éprouvés par la mère.

Pour leur part, Freedom (2020), Emeline Michel (2000), Beethova Obas (2011) et BIC Tizon Dife avec F-Mack (2017) ont proposé une forme de remerciement exceptionnel aux mamans pour leur vaillance, leur bravoure et leur bienfait.

Des poètes haïtiens ont également écrit des textes splendides pour célébrer les mamans. Carl Brouard (1902-1965), dans Vous, glorifie les « […] paysannes qui descendent de nos mornes avec un gosse dans le ventre […].Vous êtes les piliers de l’édifice ».

Continuons d’applaudir et de remercier les mamans haïtiennes, en Haïti et dans la diaspora.

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