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La qualification d’Haïti à la Coupe du monde de football est une étincelle de fierté qui traverse l’âme nationale. La soirée du 18 novembre 2025 a agi comme un baume sur les plaies d’une nation meurtrie.

Avatar de Dieudonné Joachim

Les Grenadiers, guerriers du ballon rond, ont hissé haut les couleurs nationales et fait vibrer des millions de cœurs. Dans un pays accablé par l’insécurité, la criminalité, la corruption, les crises politiques et le découragement, nos footballeurs ont offert un rare moment d’unité.

Pourtant, cette célébration cache une contradiction. Une dissonance impossible à ignorer. La majorité de ces héros sont des enfants de la diaspora, salués comme des sauveurs pour leurs prouesses sportives. Cet hymne à la gloire sonne faux face à la réalité d’une diaspora massivement exclue de la vie politique et institutionnelle.

Comment expliquer qu’on soit « suffisamment Haïtien » pour porter le maillot national, mais pas assez pour participer aux affaires de la République? Sans confondre sport et politique – bien que tout soit lié –, quand la terre natale cessera-t-elle d’ignorer les compétences? Qu’allons-nous faire de l’expérience internationale et l’attachement de millions de compatriotes vivant à l’étranger? Surtout lorsqu’il s’agit d’accéder aux plus hautes fonctions électives.

Le sport offre un modèle de méritocratie. La sélection nationale de foot (comme dans les autres sports) choisit les meilleurs, sans distinction de résidence, pour défendre l’honneur du pays. Cette logique de compétence et de performance devrait aussi guider la gouvernance. Pourquoi se priver de nos meilleurs éléments sous prétexte qu’ils vivent ou sont nés à l’étranger? Cette absurdité régit pourtant, depuis trop longtemps, le rapport d’Haïti à sa diaspora.

Au-delà des mots…

Les Grenadiers montrent la voie d’une nation réconciliée, capable de puiser dans ses forces vives, où qu’elles soient, pour se réinventer. Par ses transferts financiers massifs, la diaspora prouve chaque jour son engagement indéfectible envers leur pays d’origine. Elle représente un levier majeur de reconstruction, de paix sociale et de relance économique. En 2025, les Haïtiens de l’extérieur ont transféré 5 milliards de dollars, soit près de 20 % du PIB national, selon la Banque de la République d’Haïti.

L’épopée de la Coupe du monde de football ne doit pas être un simple feu de paille. Elle devra catalyser une remise en question profonde du projet national.

L’occasion de dénoncer et combattre l’hypocrisie d’un système véreux qui applaudit les victoires de toute sorte de la diaspora tout en la marginalisant politiquement.

Aucune nation ne peut progresser en se privant de ses talents de manière systématique. Car, les esprits les plus éclairés et les cœurs les plus dévoués ont leur place dans les affaires de la cité. Haïti doit cesser d’être une nation à deux vitesses. Réformer cette relation est vital pour notre avenir.

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COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Inconnu
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Inconnu
  4. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

  5. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Je tiens à te féliciter chaleureusement pour ton brillant article. Ton analyse est d’une lucidité remarquable et pose…

  6. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro Je tiens à te féliciter chaleureusement pour la puissance, la justesse et la profondeur de ton texte. À…

  7. Avatar de Erno Renoncourt

    Point besoin d’avoir un diplôme de Havard University en fiscalité et gouvernance des entreprises pour savoir que ce n’est qu’une…

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