Des chefs d’État, des universitaires, des chercheurs, des représentants de la société civile et des membres de la diaspora africaine ont revisité la traite négrière transatlantique, l’une des plus grandes tragédies de l’histoire humaine. Cette rencontre s’inscrivait dans une dynamique mondiale, marquée par les revendications croissantes en faveur des réparations, de la justice historique et de la reconnaissance des crimes de l’esclavage.

C’est important pour l’ensemble des peuples déracinés, des royaumes affaiblis, des cultures fragmentées et des générations privées de leur avenir. 

Le président du Ghana John Dramani Mahama (milieu), lors de la conférence internationale consacrée aux réparations liées à la traite transatlantique des esclaves. Photo : Facebook/Jubilee House

La traite négrière a causé le déracinement de 15 à 20 millions d’Africains, séquestrés et trainés de force dans les Amériques et les Caraïbes. L’origine du peuple haïtien remonte à cette vague de déportation. Les ancêtres vivaient avant cette traite dans les régions correspondant aujourd’hui au Ghana, au Bénin, au Togo, au Nigeria, au Congo et à l’Angola. 

La Ghana au cœur des revendications pour la justice réparatrice

Le choix du Ghana d’accueillir cette rencontre revêt d’une portée symbolique exceptionnelle. Les forts d’Elmina et de Cape Coast figurent parmi les plus puissants lieux de mémoire de la traite négrière. Ces murailles rappellent encore aujourd’hui le départ forcé de centaines de milliers d’Africains vers les Amériques. De plus, le Ghana confirme encore une fois sa volonté de devenir un pont entre l’Afrique et ses descendants dispersés à travers le monde.

La rencontre d’Accra rappelle une vérité fondamentale : la mémoire n’est pas seulement un devoir, mais aussi un instrument de puissance. Les peuples qui maîtrisent leur histoire renforcent leur capacité à construire leur avenir.

 Le fort de Cape Coast, ancien comptoir colonial de la traite négrière au Ghana. Photo : Routard

De nos jours, les débats sur les réparations, la restitution des patrimoines africains et la coopération entre l’Afrique et sa diaspora sont devenus des enjeux géopolitiques majeurs. L’Afrique avance pour la justice réparatrice. Au premier chef, le Ghana s’engage à montrer la voie et les Afro-descendants se mobilisent.

Haïti n’est pas à la hauteur aujourd’hui…

Pour sa part, Haïti brille par son absence qui ne peut être considérée comme un simple détail diplomatique ou géopolitique. Ce manquement interpelle directement la conscience collective du monde noir puisque la première Nation noire libre et indépendante du monde a une place majeure dans l’histoire de l’abolition de l’esclavage. 

En 1804, après treize années d’une lutte héroïque, les anciens esclaves de Saint-Domingue réalisèrent l’impensable en mettant en déroute la France, l’une des puissances coloniales de l’époque, et recouvrèrent la liberté. La Révolution haïtienne fut ainsi une victoire africaine sur le sol des Amériques. Elle inspira les mouvements abolitionnistes, fragilisa le système esclavagiste et ouvrit la voie aux luttes anticoloniales à travers le monde.

L’absence d’Haïti à Accra intervient quelques mois seulement après celle observée lors des discussions internationales du 25 mars 2026 aux Nations Unies consacrées à la mémoire de l’esclavage et aux réparations historiques. Ce jour-là, l’Assemblée générale adoptait une résolution historique reconnaissant la traite transatlantique des Africains comme l’un des crimes les plus graves commis contre l’humanité

Comment comprendre l’absence de la nation haïtienne à ces rendez-vous majeurs? Comment parler de résistance africaine et afro-descendante sans la voix du peuple qui a transformé la servitude en liberté et l’oppression en indépendance?

Haïti devait rejoindre l’Afrique qui défend sa mémoire, sa dignité et sa justice. Son absence laisse un vide inadmissible que l’Histoire retiendra. Symbole de dignité vu son passé héroïque, le pays se montre pourtant de moins en moins à la hauteur des grands enjeux du temps présent et du futur. 

Laisser un commentaire

🚫Nouvayti bannit la fausse nouvelle (fake news), la désinformation, la diffamation, les discriminations, le racisme (lié à la couleur de peau, à l’origine ethnique, à la religion, etc.), l’incitation à la haine et à la violence sous toutes les formes. 
Notre ligne de conduite est claire et précise.


L’invariance anthropologique haïtienne expliquée par l’alignement servile de ses acteurs sociaux sur des intérêts transnationaux (2 sur 2)

Nous mobilisons l’axiome de l’alignement plat pour analyser l’impact des groupes dominants haïtiens sur le pays, exacerbant l’éclipse de l’intelligence et de l’humanité. Ce phénomène entraîne une stagnation cognitive et éthique, où l’opacité et la recherche de profits dominent. Cette dynamique, soutenue par les acteurs internationaux, entrave toute innovation et développement.

Lire

Kenscoff

Vous avez attendu Kenscoff pour hurler colère et révolte face aux tortures, abominations, atrocités, cruautés ou tueries, subies encore par des centaines de concitoyens. Celles perpétrées par les gangs armés à savates, sous les yeux complices de leurs pairs à cravate… Ceux-la qui attendent, sans doute, l’autorisation hypocrite des Blancs-tuteurs, juste pour en prendre acte.…

Lire

Tuer devient banal

Nous sommes épuisés à compter les drames et les massacres, les uns plus révoltants que les autres. Attendez-vous le bilan exact de celui de Kenscoff?  Personne n’y reviendra avec la rectitude et l’exactitude que requiert une telle tragédie. Rassurez-vous! On ne comptera jamais dignement les morts, les assassinats, les enlèvements et les disparitions suspectes.

Lire

Haïti : quand l’éclipse permanente et totale ouvre la voie à l’extinction anthropologique (1 sur 2)

Ce texte analyse la condition haïtienne à travers une approche critique et systémique. Il souligne l’éclipse permanente de l’intelligence collective, due à des contraintes culturelles et politiques, et met en lumière la performance illusoire de la culture. En insistant sur l’impact des forces néocolonialistes, il conclut à une stagnation qui menace l’avenir du pays.

Lire

Tout va très bien…!

Les jours passent et la situation catastrophique perdure en Haïti : violence symbolique, crimes des gangs armés à cravate et à savates, déplacements forcés, pays à genoux… Certains – en l’occurrence ceux pour qui tout va bien – profitent du chaos, d’autres agissent autrement et posent l’acte de penser afin d’aider à casser le moule.…

Lire

Quand l’État ne protège plus le peuple…

Ce qui s’est passé à Kenscoff représente une nouvelle preuve de l’échec de l’État haïtien qui ne protège pas ses citoyens et citoyennes. Lorsque plusieurs dizaines de personnes sont tuées sous les yeux des autorités irresponsables, il faut mieux agir au-delà de la consternation, la dénonciation, l’appel à l’action…

Lire

Incapables de penser le collectif

Il faut examiner la dégradation historique et socio-économique du centre-ville de Port-au-Prince, autrefois prospère, devenu insalubre puis abandonné. Voici une réflexion sur l’absence de solidarité parmi les classes sociales pour rénover l’espace, évoquant la nécessité d’une appropriation collective du territoire par les Haïtiens pour préserver leur patrimoine et promouvoir un développement durable.

Lire

Un problème est survenu. Veuillez actualiser la page et/ou essayer à nouveau.

En savoir plus sur Nouvayti

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Nouvayti

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture