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Le 28 juillet 1915 marque un tournant politique violent dans l’histoire d’Haïti. C’est la date du débarquement de 330 marines étasuniens à Port‑au‑Prince pour une maudite mission, soi-disant civilisatrice. Celle-ci a restauré des pratiques néocoloniales de domination et d’exploitation dont les conséquences néfastes se font aujourd’hui encore sentir sur les plans politique, social et économique.

Avatar de Léo Bien-Aimé

Des historiens évoquent la période de 1915-1934 pour situer l’occupation étasunienne d’Haïti. À bien considérer, du 28 juillet 1915 au 28 juillet 2026, il s’agit de 111 ans de politique interventionniste des États‑Unis d’Amérique sur le pays. 111 ans d’histoire de domination désastreuse à l’égard du peuple haïtien. 111 ans d’ingérence, de violence politique, de néocolonialisme et de mise sous tutelle d’un pays souverain.

Entre 1911 et 1915, Haïti faisait face à une crise socio‑politique sans précédent, marquée par assassinats de dirigeants, exils forcés et instabilité chronique. Le pays a vu défiler six présidents en seulement quatre ans. Le 26 juillet 1915, le président Vilbrun Guillaume Sam fut lynché par une foule en colère, quatre mois après sa prise de fonction. Les oppresseurs ont tiré profit de ce drame pour envahir le territoire national, tout en prétextant vouloir y rétablir l’ordre et résoudre la crise.

Un bilan de pillage et de terreur

Durant la période d’occupation, les Yankees ont contrôlé et mis à sac les finances publiques du pays. Ils ont commis de véritables crimes contre l’humanité, en appliquant des politiques interventionnistes destinées à satisfaire les intérêts stratégiques des États‑Unis. Le braquage, le vol, le pillage financier, le racket et la corruption constituaient leurs modes d’opération. Les militaires étasuniens ont envahi les espaces stratégiques et symboliques du pays : casernes, ports, douanes, ministères, tribunaux et même le palais présidentiel. Ils ont pris le contrôle de tout avec arrogance et brutalité.

Illustration of US imperialism's influence on Haiti from 1915 to 2026, showing occupation, political control, financial hegemony, and ongoing crises.
Une illustration détaillée présentant l’impact de l’impérialisme étasunien sur Haïti de 1915 à 2026. Créée à l’aide de l’IA.

L’impérialisme étasunien a imposé des conditions de travail proches de l’esclavage, notamment la Corvée, tout en instaurant la loi martiale et le bâillonnement de la presse indépendante. 

Le racisme et la violence politique devenaient des instruments de domination : les occupants se sont octroyé le droit de tuer des citoyennes et citoyens haïtiens. Les marines recrutés dans le Sud ségrégationniste des États‑Unis ont perpétré des massacres, des viols et d’autres exactions contre le peuple haïtien.

À travers son ingérence, l’Oncle Sam impose son influence directe sur la politique interne du pays, contrôlant son économie et son commerce extérieur.

La politique du Big Stick a été appliquée pour réprimer les revendications populaires issues des milieux progressistes. Cette politique de Theodore Roosevelt repose sur la menace et la force militaire. L’occupation étasunienne d’Haïti marque l’émergence d’un impérialisme destructeur et l’installation d’un appareil néocolonial qui continue aujourd’hui encore favoriser l’ingérence étrangère dans les affaires du pays. 

Les États-Unis imposent leur loi sur la terre de Dessalines. Et la plupart des Haïtiennes et Haïtiens semblent plier l’échine. Sinon, filles et fils du pays, indignez‑vous et, partout, dites Non aux néocolons de tout acabit!

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COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Inconnu
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Inconnu
  4. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

  5. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Je tiens à te féliciter chaleureusement pour ton brillant article. Ton analyse est d’une lucidité remarquable et pose…

  6. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro Je tiens à te féliciter chaleureusement pour la puissance, la justesse et la profondeur de ton texte. À…

  7. Avatar de Erno Renoncourt

    Point besoin d’avoir un diplôme de Havard University en fiscalité et gouvernance des entreprises pour savoir que ce n’est qu’une…

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