Les électeurs d’une vingtaine d’États africains exerceront leur droit de vote, selon leur calendrier électoral. Plusieurs pays latino-américains s’activeront aussi. Les États-Unis se préparent de leur côté pour les élections de mi-mandat du 3 novembre prochain. Ce sera un test considérable pour un président Trump de plus en plus décrié, tellement raciste, dangereux et cruel. En 2027, les Français devront remplacer l’impopulaire Emmanuel Macron, le président des ultra-riches.
En Haïti, où la plus récente compétition électorale remonte à 2015-2016, le doute plane sur la tenue du premier tour en 2026. Vu la conjoncture, se méfier de la volonté et de la capacité du gouvernement à organiser ces élections semble raisonnable. De toute façon, celles-ci demeurent problématiques dans un système bancal.
Dans l’ensemble, les peuples élisent des dirigeants pour améliorer leurs conditions de vie. Or, beaucoup vivotent. Pourquoi?

Rassemblement électoral au Bénin, octobre 2025. Photo AFP/Yanick Folly
Voter, simple formalité des électeurs au profit des élus
La France et les États-Unis sont des donneurs de leçon en matière de démocratie. Pourtant, leur démocratie néolibérale s’appuie sur des politiques internationales et nationales qui piétinent la volonté populaire. Pour preuve, Washington s’autorise à dire le dernier mot dans l’élection du président haïtien. Tandis que ceux de plusieurs pays africains sont souvent le choix de l’Élysée.
Autres exemples. Après avoir dissout l’Assemblée nationale en 2024 et convié le peuple à voter, le président français a craché sur les résultats des urnes, défavorables à son parti. De même, Trump n’a jamais reconnu sa défaite face à Joe Biden en novembre 2020.
En pratique, les États dits démocratiques font usage des élections comme une simple formalité au détriment des masses populaires. Après chaque élection, la plupart des élus négligent les besoins réels de leurs mandataires. Ils se servent, servent les oligarques et divisent les gens en fonction de leur idéologie.
Alors que les élus profitent des privilèges, la plupart des électeurs sur qui ils exercent le pouvoir continuent de patauger dans la misère. Pire, les mouvements de contestation politique parviennent de moins en moins à inverser les rapports de force.
L’argent et le pouvoir contre le peuple
En effet, le peuple ne dispose quasiment d’aucun pouvoir de révocation. Pour preuve, Macron reste à l’Élysée en dépit de la rage des Gilets jaunes et de plusieurs tentatives des parlementaires pour le destituer. Il pouvait et peut compter sur les élus réactionnaires qui s’opposent aux revendications populaires et aident le système à se maintenir.
En outre, le peuple participe peu aux décisions publiques. L’argent représente désormais le principal grand décideur. Son poids pèse lourd tant dans les campagnes électorales que dans l’exercice du pouvoir. L’élection et le règne de Trump, soutenu par des multimilliardaires et des technocrates, constituent le récent exemple frappant.
Ces différents aspects de la question des élections expliquent en partie pourquoi celles-ci apportent peu de résultats positifs dans l’intérêt collectif. Fort de tout cela, le besoin de repenser cette forme d’expression démocratique parait évident.

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