Le parquet de Paris a annoncé, lundi 17 août 2026, la mise en examen d’un prêtre de 81 ans pour « agressions sexuelles et viols répétés » entre 1979 et 2015. Selon Libération, les signalements à l’encontre de cet ecclésiatique poussaient le diocèse parisien à interdire ses activités auprès des mineurs entre 2018 et 2020. En Pologne, un procès s’est ouvert en février 2026 pour juger l’évêque Andrzej Jez pour complicité de pédocriminalité.
Plusieurs prêtres accusés d’abus sexuels ont également été arrêtés en Italie en 2025. Au Québec, en 2016, la justice condamnait le prêtre rédemptoriste Jean-Claude Bergeron, professeur et surveillant de dortoir au Séminaire St-Alphonse à Ste-Anne-de-Beaupré, pour ces mêmes actes commis entre 1976 et 1980.
Ces cas montrent que les lignes ont un peu bougé par rapport à l’impunité qui arrangeait les prédateurs de l’Église catholique, dont les crimes ont été souvent couverts par les diocèses concernés grâce à un système bien rodé. Jean Labbé de l’Université Laval explique, dans sa récente analyse sur la pédocriminalité, que « la hiérarchie a toujours fait en sorte de camoufler [ce grave problème qui a longtemps existé] pour protéger sa réputation » : « […] les abus sexuels envers les enfants ont fait l’objet d’un tabou jusqu’au dernier quart du 20e siècle. Pire encore, on a réduit les victimes au silence en les accusant de mentir ».
Haïti victime aussi
En Haïti, où les prédateurs sexuels de la Sainte Église ont encore le champ libre, l’inaction de l’État et le silence de la Conférence des évêques catholiques participent à pérenniser cette culture de complicité. Quant au nombre de victimes d’abus sexuels dans le pays, la statistique fait défaut. Chose certaine, les enfants n’étaient pas et ne sont pas protégés contre ces chrétiens pédocriminels.
Lors de son jugement, le prêtre québécois Jean-Claude Bergeron avouait avoir abusé sexuellement des garçons haïtiens durant sa mission en Haïti (1994-2005). Pourquoi, malgré ses multiples agressions sexuelles au Québec, ce prédateur avait-il été envoyé à la mission des rédemptoristes à Port-au-Prince? La réponse se trouve dans la question.
La Sainte Église tachée partout
Ailleurs, des centaines de milliers d’abus sexuels contre les mineurs ont été recensés au cours de ces dernières décennies. En France, des prêtres ou religieux, soit 3 000 prédateurs, et des laïcs en mission ecclésiale ont fait environ 216 000 victimes entre 1950 et 2020, selon le rapport Sauvé, publié en 2021 par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église. Au Québec, les agressions sexuelles ou physiques, commises par plus de 800 membres du clergé, ont touché au moins 9965 enfants depuis 1930. En Espagne, l’estimation du nombre de mineurs abusés par les prédateurs chrétiens catholiques va au-delà de 200 000 depuis le milieu du 20e siècle.
Scandale après scandale de pédocriminalité. Accusations après accusations d’abus sexuels. Condamnation après condamnation de pédocriminels catholiques. L’Église demeure une riche institution spirituelle et une puissante organisation politique que dirige le Vatican. Toutefois, elle ne pourra jamais se targuer d’avoir une réputation sans tache. À cause de l’appétit sexuel de ses prédateurs, la pédocriminalité en son sein laisse des traces indélébiles dans le monde, en dépit de certains efforts de justice par rapport à la mise à jour du droit canonique après des réclamations

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