Pour combattre la force d’occupation, un mouvement de résistance paysanne émerge. Charlemagne Péralte, chef incontournable de l’Armée des Cacos, le dirige. Il mobilise ses troupes pour mener une guerre légitime en faveur de la désoccupation. Ils sont environ 40 000 à prendre les armes pour libérer le pays des soldats étasuniens. À ses côtés, Péralte a ses frères Saül et Saint-Rémy, ainsi que Benoît Batraville, afin d’intensifier la lutte.
Animées d’une véritable conscience patriotique, les troupes construisent la bataille lors de la seconde guerre des Cacos. Armées de machettes, de haches, de bambous acérés et de quelques vieux fusils, elles attaquent les occupants, devenus des ennemis intolérables. Péralte a déjà défini un projet clairement opposé aux forces d’occupation coloniale et impérialiste.
La résistance politique et idéologique contre l’occupation
Leader remarquable et organisateur éveillé, Péralte mène avec énergie et détermination une authentique guerre de guérilla contre la force d’occupation. Il adopte les principes stratégiques et tactiques des guerriers les plus glorieux de l’histoire d’Haïti. Ses combats s’inscrivent dans la tradition de lutte armée menée contre les colons espagnols, anglais et français lors de la guerre patriotique de libération nationale.
Péralte, possédant un talent révolutionnaire teinté d’une vision politique et militaire incontestable, applique les règles de la guerre révolutionnaire. Celles-ci allaient être systématisées plus tard par Mao Tsé-Toung et Che Guevara. La mobilité constante, l’union étroite avec le peuple, l’attaque-surprise, le retrait stratégique rapide, le principe du non-affrontement, les embuscades et les attaques simulées constituaient l’ensemble de la stratégie militaire du leader des Cacos. Par son génie, Péralte devient un symbole universel de résistance, un des Grands qui ont marqué l’histoire des peuples.
Le 11 octobre 1916, avec ses frères et 60 hommes presque sans armes, Péralte attaqua la maison du capitaine Doxey, commandant de Hinche. Attaque repoussée. Chefs arrêtés. Et Péralte condamné à cinq ans de travaux forcés par un tribunal inféodé à l’ancien régime.
Le mouvement armé et populaire qu’il dirigeait, grâce à sa posture de stratège, était profondément enraciné dans le peuple. Il adopte une méthode de combat qui réussit à tromper la vigilance de l’ennemi : il utilise le tambour pour transmettre des consignes sans que l’occupant ne puisse les comprendre.
Pour mener ses luttes, Péralte organise son armée, crée un cabinet, nomme des généraux et constitue un véritable état-major. Il dirige le Nord, Batraville contrôle le Plateau central. Chaque localité avait ses chefs, responsables de la guerre dans leur juridiction. De nombreux paysans révèlent leurs talents de grands stratèges.
De la trahison nationale
Les Yankees étaient incapables de réduire le mouvement révolutionnaire par la seule force des armes. Avec le soutien du gouvernement de Philippe Dartiguenave, ils employaient d’autres moyens : la corruption et la trahison. Ils tentèrent de convaincre Péralte de se rallier à eux, en vain. Monseigneur Conan était chargé d’obtenir sa collaboration par des offres attrayantes, mais le leader refusait tout compromis.
Ainsi, l’occupant utilise la trahison pour briser la résistance haïtienne. Le 26 octobre 1919, Péralte arrive à Fort-Capois avec 1 200 hommes et son état-major pour attaquer Grande-Rivière. Son lieutenant, Jean-Baptiste Conzé, décide en secret d’avertir le capitaine américain Hanneken de son arrivée. Les envahisseurs préparent une embuscade. Les troupes d’Hanneken se couvrent de charbon sur les bras et le visage pour se faire passer pour des Cacos et tendre le piège.
Péralte, chef rebelle, est assassiné et son corps exposé au public. On lui fixe les bras en croix sur une porte arrachée. Son cadavre, horriblement mutilé, est transporté à Grande-Rivière le 1ᵉʳ novembre 1919. Sous les ordres de l’occupant, il reçut une sépulture secrète, simulée dans cinq endroits différents afin que son tombeau ne devienne pas un lieu de pèlerinage pour de futurs Cacos.
Cette dynamique de trahison doit cesser dans la réalité politique haïtienne. La bravoure de Charlemagne Péralte et de ses troupes contre les envahisseurs doit profondément inspirer le combat à mener contre l’impérialisme étasunien pour libérer Haïti.

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