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L’escalade militaire au Moyen-Orient a bon dos. À chaque flambée des tensions internationales, le même scénario se répète : les prix du pétrole grimpent, les marchés s’affolent, et en Haïti, la pompe s’emballe.

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L’escalade militaire au Moyen-Orient a bon dos. À chaque flambée des tensions internationales, le même scénario se répète : les prix du pétrole grimpent, les marchés s’affolent, et en Haïti, la pompe s’emballe. Cette fois encore, la crise déclenchée par l’opération « Fureur épique » sert de déclencheur. Mais le véritable problème est ailleurs.

Notre vulnérabilité énergétique n’est pas née le 28 février 2026. Elle est le produit de décennies d’improvisation, d’absence de vision et de dépendance assumée.

Dépendance organisée et absence de stratégie 

Haïti ne produit pas de pétrole. Elle n’a pas de raffineries. Le pays ne dispose ni de réserves stratégiques suffisantes ni même d’un plan énergétique cohérent capable d’amortir les chocs extérieurs. Essence, diesel, kérosène, GPL : tout vient d’ailleurs. Et chaque crise internationale se transforme automatiquement en crise nationale.

La hausse actuelle des prix (+29 % pour la gazoline, +37 % pour le diesel, +40 % pour le kérosène) n’est pas seulement la conséquence d’une guerre lointaine. Elle révèle surtout l’absence de politiques publiques capables de protéger l’économie et les ménages.

Depuis des années, les gouvernements successifs parlent de réforme du secteur énergétique, d’investissements dans le solaire, l’éolien ou la modernisation du réseau électrique. Mais les annonces se succèdent sans produire de rupture structurelle.

Le pays continue de fonctionner au mazout pour produire son électricité. Les transports publics dépendent entièrement du diesel. Aucune diversification sérieuse des sources d’énergie n’a été mise en œuvre à grande échelle. Au moindre choc externe, l’économie chancelle.

Le consommateur comme variable d’ajustement

Ce sont toujours les mêmes qui absorbent le choc : les ménages, les chauffeurs, les petits commerçants. La hausse des carburants entraîne celle des transports, puis celle des produits de première nécessité. Le pouvoir d’achat s’érode. L’inflation s’installe. Et pendant ce temps, aucune réforme structurelle n’est engagée pour rompre ce cycle.

Une question de responsabilité

Blâmer uniquement les tensions géopolitiques serait trop facile. La guerre expose nos fragilités, mais elle ne les crée pas. Elles sont le résultat d’un choix — ou plutôt d’une absence de choix. La véritable question n’est donc pas seulement combien coûtera cette nouvelle flambée pétrolière. Elle est plus fondamentale. Quand les décideurs haïtiens prendront-ils au sérieux la sécurité énergétique comme enjeu stratégique?

Tant qu’Haïti restera prisonnière de sa dépendance totale aux importations pétrolières, chaque conflit lointain continuera de se transformer en crise socio-économique locale. Et aussi chaque crise révélera, un peu plus, le prix de nos retards et de nos renoncements.

Selon Programme alimentaire mondial, plus de 5,8 millions d’Haïtiens, soit plus de 50 % de la population, souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Près de deux millions se retrouvent en situation d’urgence. La violence des gangs, le déplacement de plus de 1,4 million de personnes et l’effondrement économique ont aggravé cette crise, plongeant des milliers de personnes dans une faim extrême.

Dans un pays où l’économie informelle domine et où les revenus stagnent, chaque hausse pétrolière agit comme un multiplicateur de précarité. En définitive, ce qui se décide à des milliers de kilomètres finit par peser sur le panier alimentaire d’une famille haïtienne. La guerre est lointaine. Ses effets sont immédiats. Les petits consommateurs en souffrent davantage.

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    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

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