La pauvreté d’un pays n’est pas une fatalité. La calamité de celui-là vient des hommes qui ont prétendu ou prétendent le diriger, et de l’absence d’un ciment spirituel et culturel soudant l’ensemble de sa population. Puisqu’en fait le concept de « pays pauvre », « pays sous-développé » ou « pays du tiers-monde » a été créé, fabriqué par l’Occident chrétien pour imposer aux États — mis sous sa tutelle ou domination — un système politico-économique raciste imposant ses valeurs, normes, lois, institutions, ainsi que ses intérêts géopolitiques et géostratégiques.
La pauvreté n’est non plus caractérisée par l’étendue d’un territoire ni de l’absence de ressources minières. Si c’était le cas, les pays de l’Afrique, mieux, ce vaste Continent, berceau de l’humanité, établirait son empire sur le monde actuel et ne serait pas l’objet d’un pillage éhonté de ses richesses humaines, matérielles, spirituelles…
Quelle honte devrions-nous avoir pour ne pas exprimer notre amour charnel pour notre Haïti appauvrie, avilie, puisque, jamais, nous sommes en désaccord? Toujours nous vibrons à la même fréquence, pareil au sentiment profond et éternel porté pour une femme. Il nous arrive, par contre, d’être fou de rage féroce, de jalousie tenace, de haine implacable, de colère atroce quand des yeux maléfiques, des mains impies se posent sur elle pour la plonger dans l’abîme…
En clair, contrairement aux compatriotes poussés par le désespoir, le cœur aigri et contri, nous n’oserons jamais dire : « mwen rayi vye peyi sa ».
Nous trouvons toujours l’intelligence, la clairvoyance, l’énergie positive et intérieure pour exécrer les abominations ambulantes, les apatrides qui ont eu et ont le destin fatal de travailler à sa perte, à son effondrement total, depuis l’assassinat lâche et crapuleux de l’Empereur Jacques 1er, Fondateur de cette Patrie. Alors que le pays garde encore, par endroit, sa beauté originelle, toutes ses richesses naturelles, magiques, mystiques, mythiques, tout son charme original, envoûtant…
Il faut, en définitive, que tous les amoureux fous d’Haïti activent leur force spirituelle, leur énergie intérieure, en développant leurs dons sacrés pour casser le moule, changer la typologie de ces dirigeants locaux, vrais suppôts des forces diaboliques étrangères qui se recyclent, se perpétuent, se renouvellent, se la coulent douce dans leur vil statut séculaire d’abominations ambulantes à morphologie humaine…!
Ne me dites plus que vous n’avez pas remarqué que les bandits légaux, gangs armés à cravate et à savates, sont tous sortis du même moule! Ils ne s’embarrassent jamais de scrupule, de honte, de gêne, de pitié… Tous, ils font leur beurre sur les fatras, les cadavres, la désolation des autres… Ils exécutent les ordres de leur chef sans se soucier de leur avenir, voire de celui du pays… Ils vivent de, dans leur enfer, enfermant, emprisonnant, empoisonnant la vie des autres…
Ce n’est pas parce que le pays est pauvre qu’il s’enfonce aujourd’hui dans l’abîme, dans les ténèbres c’est que des amoureux fous d’Haïti hésitent encore à faire le sacrifice de leur vie pour sauver l’honneur, la dignité de leur Mère-Patrie, pour qu’elle retrouve toute sa liberté, sa grandeur, son indépendance, sa souveraineté.
Pour, enfin, penser la Reconstruction nationale!

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