Le système pénal français permet à Marine Le Pen de se pourvoir en cassation et de se prétendre « innocente » afin de se présenter à l’élection présidentielle. Condamnée en première instance et en appel – à trois ans d’emprisonnement dont un ferme – pour détournement de fonds publics, cette reprise de justice a menti et trompé l’électorat français en déclarant sa candidature officielle sur TF1. Car, elle répétait ne pas vouloir mener campagne sous bracelet électronique et jugeait inconcevable qu’une personne condamnée puisse se porter candidate.
Impliquée dans l’affaire d’assistants parlementaires au Parlement européen, la cheffe du Rassemblement national (RN), autre nom du Front national (FN), se fiche des décisions de justice à son encontre, à l’instar de Donald Trump.
Privilégiée, cette réactionnaire extrémiste de droite, dont le père Jean-Marie Le Pen fut tristement célèbre pour ses positions xénophobes, racistes et antisémites insidieux, s’appuie sur les électrices et électeurs endoctrinés par l’idéologie traditionaliste, catholique identitaire et nationaliste du RN. Elle compte surtout sur les milliardaires Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, « saints patrons de l’extrême droite ». Les corrompus n’ont ni morale ni éthique. Ils n’ont que leurs propres valeurs qui vont à l’encontre de l’intérêt collectif.
Les pires dérives peuvent survenir dans les sociétés en situation de déclin. Donald Trump, condamné – tant au pénal qu’au civil – pour falsification, agression sexuelle et diffamation, a pourtant été élu pour diriger le pays qu’on présente comme le « berceau de la démocratie moderne ». C’est pourtant un criminel aux yeux de la justice… Ses partisans, notamment sa base MAGA et les chrétiens évangéliques, n’y voyaient aucun problème. Le même scénario risque de se reproduire en France présentée pourtant comme le « pays des droits de l’homme ».

Si Le Pen gagnait les élections en 2027, elle exercerait ses fonctions et jouirait du privilège de l’immunité présidentielle. Elle pourrait même « s’autogracier ». Néanmoins, rien ne changera les faits de plus de quatre millions d’euros détournés à partir d’un système de création d’emplois fictifs.
Cette femme n’est pas seule sur la liste des personnalités délinquantes condamnées par la justice française. Par exemple, l’ancien président Nicolas Sarkozy a été emprisonné pour association de malfaiteurs et jugé coupable aussi dans les affaires « Bismut » et « Bygmalion ».
Entre corrompus, pas de donneurs de leçons
Le système corrompu haïtien est souvent pointé du doigt depuis la France, les États-Unis et le Canada en particulier. Or, la corruption bat les records sous la présidence d’Emmanuel Macron. Trump et ses complices manient aussi l’art de la corruption. Les États-Unis, classés 29e sur 182 pays (la France est 27e) en 2025, sont à leur « plus bas classement jamais enregistré » dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. De même, le Canada, 16e rang mondial, connaît un déclin continu dans ce domaine.
Aucun de ces États ne figure sur la liste des pays qui connaissent le moins de problèmes de corruption au monde et aucun n’est à la pointe de la lutte contre cet enjeu majeur. Alors, ce ne sont pas leurs élites politiques et économiques corrompues qui devraient donner des leçons en la matière. Même si la principale différence entre ces pays et Haïti réside dans leurs efforts de renforcement de l’indépendance judiciaire afin de réduire l’impunité, véritable obstacle à la lutte contre la corruption.

Les effets de la corruption empirent davantage les conditions de vie des peuples. Pour combattre ce fléau mondial, la ferme volonté politique des États et la mise en place de mécanismes efficaces demeurent fondamentales. Pour sa part, Haïti doit cesser de compter sur les prétendus « pays amis »!

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