La citoyenneté se transmet, s’acquiert, reste individuelle dans ses expressions, dans ses actions. Le patriotisme relève d’un choix réfléchi, volontaire du citoyen, dans son engagement envers le collectif… Toute action patriotique s’aligne donc dans un courant collectif… Tout comme l’action du nationaliste souvent honnie, vilipendée, critiquée, incomprise et méprisée, au nom de la défense de l’humanité universelle…
Pour notre part, nous ne jugeons simplement pas, voire sévèrement, un nationaliste qui estime, dès fois, impératif un repli de la Nation sur elle-même pour remettre de l’ordre dans la marche sociétale vers l’alignement avec ses valeurs, traditions, coutumes, mœurs, vers la spiritualité ancestrale. Nos Ancêtres se sont repliés sur eux-mêmes pour fonder la Nation haïtienne avant de s’ouvrir, d’ouvrir grand les bras du premier État nègre du monde à l’universalité humaine. Une sorte de nationalisme comme approche politique sans la haine des étrangers.
De fait, être citoyen, patriote ou nationaliste participe d’une folle passion du bien public, des intérêts de la collectivité. Passion exprimée à partir d’actions individuelles, d’attitudes et de comportements personnels qui s’accordent avec le collectif. Dans l’un ou l’autre cas, le citoyen ou ressortissant d’un pays se doit de s’affirmer responsable de l’avenir, du progrès de sa terre natale, en participant, activement, à son organisation politique globale pour créer la meilleure société.
Partant de ces a priori, il est suggéré que chacun de nous se demande s’il répond bien au profil de citoyen, de patriote ou de nationaliste. En considérant qu’il revient obligatoirement à chacun de se donner une mission citoyenne, patriotique, nationaliste – selon ses dons naturels ou acquis, selon ses capacités intellectuelles physiques, mentales – dans un Plan de relèvement, de renforcement, de reconstruction nationale… Des nationalistes ont damné, perdu leur âme, souillé leurs mains de sang, marché, craché sur un himalaya de cadavres humains pour réaliser des miracles économiques dans leur société. D’autres étendent même leur nationalisme au-delà de leur territoire national, dans leur élan suprématiste, impérialiste, raciste…
Somme toute, il est question de dire qu’individuellement on peut afficher – dans l’espoir d’un effet épidémique voire endémique – un refus systématique de la corruption, de l’injustice, du vol, de l’iniquité dans leur version fatale, criminelle… Refus systématique de l’individualisme outré, de l’indigence maladive, de la négligence coupable, de l’incompétence arrogante, du « pito nou lèd nou la » ou « aprè nou se nou »… Refus de l’escroquerie, du courtage démentiel aux dépens du Trésor public, de l’accommodement à l’inacceptable, de la jouissance malsaine de droits et privilèges, de l’abus excessif du pouvoir public… Refus du petit vol à l’étalage jusqu’au détournement massif, crapuleux des fonds publics.
Par contre, il faut encourager – en parole, par action, avec détermination – l’excellence, la compétence, la solidarité, la fraternité, l’union, l’esprit d’entraide jusqu’à former une grande masse critique, un cercle vertueux de citoyens-patriotes dévoués à la cause de reconstruction nationale!
Toutes ces caractéristiques du citoyen-patriote peuvent, doivent commander le possible, l’éventuel mouvement de protestation, de revendication : le choix de voter aux élections pour tout candidat de pareille typologie. Et ce qui vaut bien mieux, dans le cas précis d’Haïti, d’exiger, par tous les moyens nécessaires, le respect du vote individuel dans celui scrupuleux du résultat collectif des urnes, au niveau de toutes les sphères de pouvoir de l’État.
C’est ainsi qu’on peut casser le moule séculaire des dirigeants apatrides! C’est faire des pas simples, mais, géants, assurés vers la souveraineté nationale!

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