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Face à la révolution et l’évolution de l’intelligence artificielle (IA), Haïti vit un tournant technologique et historique. Faut-il intégrer d’urgence ce levier pour moderniser l’économie et l’éducation, ou s’exposer à la marginalisation? L’enjeu est de taille. Le pays doit impérativement maîtriser cet outil, sans le craindre, pour en faire un véritable vecteur d’émancipation.

Avatar de Dieudonné Joachim

L’IA est le nouveau moteur de la richesse mondiale. Avec 15 700 milliards de dollars de valeur promise d’ici 2030. Haïti ne peut plus rester sur le quai. D’où l’urgence de sauter à bord de cette révolution technologique. Sinon, le pays risque éventuellement d’être condamné à un isolement économique. Introduire l’IA pour moderniser l’éducation et stimuler la productivité est un moyen de mettre le progrès social sur les rails…

Qu’il s’agisse de la finance internationale, des normes éducatives ou de l’aide au développement, les standards mondiaux intègrent déjà l’IA. Un État incapable de dialoguer avec ces outils ou de protéger ses données sera marginalisé. Et qui pis est, il sera tout simplement dépendant d’algorithmes conçus ailleurs, sans prise en compte de nos réalités.

Sortir du rétroviseur…

Dans ce contexte, Haïti ne peut pas se payer le luxe d’ignorer l’intelligence artificielle. Rester spectateur de cette révolution serait un suicide historique. Par contre, l’intégrer aveuglément par effet de mode, sans ancrage dans nos réalités matérielles, serait une illusion dangereuse. Bref, nous devons procéder avec pondération.

L’IA ne sauvera pas Haïti à notre place. Elle sera ce que nous en ferons. Soit un outil d’émancipation pour augmenter l’impact d’une éducation et d’une économie enfin réformées, soit un nouveau vecteur d’exclusion.

Les modèles d’IA actuels sont entraînés sur des données occidentales. Si nos intellectuels, nos créateurs et nos experts en technologies ne nourrissent pas ces outils avec nos réalités, notre histoire et le créole haïtien. Notre inaction va provoquer l’engloutissement de notre richesse culturelle et effacer progressivement notre singularité de peuple dans l’espace numérique.

Dompter l’outil sans le craindre

On ne peut pas réguler une technologie qu’on ne comprend pas. Il faut alors former des cadres haïtiens à l’IA aujourd’hui.  C’est s’assurer aussi que l’État aura demain les compétences pour protéger les données de ses citoyens. Ainsi, on pourra éviter la cybercriminalité ou les manipulations d’opinion.

Le progrès social ne démarre qu’à condition de poser des bases solides. L’avenir technologique d’Haïti se joue maintenant dans cette dynamique d’évolution profonde. Non pas dans les nuages algorithmiques, mais bien sur le sol de nos réalités.

La technologie, dit-on, est intrinsèquement neutre. C’est l’usage que l’homme en fait qui détermine sa moralité. Dans l’histoire, chaque saut technologique – de l’imprimerie à la calculatrice – a suscité des vagues de « technophobie » et de panique morale avant d’être digéré et intégré.

Rejeter l’IA par peur de ses dérives reviendrait à refuser l’électricité par peur des incendies. La responsabilité d’Haïti n’est pas de freiner le mouvement. Mais, de former les « forgerons » capables de maîtriser cet outil pour en faire un levier de souveraineté et de développement.

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COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Inconnu
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Inconnu
  4. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

  5. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Je tiens à te féliciter chaleureusement pour ton brillant article. Ton analyse est d’une lucidité remarquable et pose…

  6. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro Je tiens à te féliciter chaleureusement pour la puissance, la justesse et la profondeur de ton texte. À…

  7. Avatar de Erno Renoncourt

    Point besoin d’avoir un diplôme de Havard University en fiscalité et gouvernance des entreprises pour savoir que ce n’est qu’une…

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