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Pendant que la musique se fête en ce 21 juin, jour symbolique du solstice d’été, Nouvayti attire l’attention sur le pouvoir de transformation de ce grand art. Elle en profite pour honorer la mémoire des musiciennes et musiciens haïtiens qui ont créé des œuvres en faveur du changement social.

Avatar de Léo Bien-Aimé

Partout dans le monde, on célèbre la Fête de la musique, créée depuis 44 ans en France. Les musiciens (amateurs ou professionnels) s’installent dans les rues, les squares, les kiosques, les cours, les jardins, les gares, les places, etc., pour apporter de la joie et animer les cœurs dans une atmosphère bon enfant. La musique est cet art doté d’une sensibilité rare, qui vibre, transcende et enchante. Elle joue un rôle fondamental dans la vie humaine. Elle possède un pouvoir capable d’influencer le comportement, tant sur le plan individuel que collectif. Selon Romain Rolland, lauréat du prix Nobel de littérature en 1915, « la musique est la voix profonde de l’âme ».

La capacité d’influence de la musique est indéniable. Selon les spécialistes, la musique stimule la cognition, le mouvement et l’émotion, et contribue à la régulation émotionnelle. Elle aurait un pouvoir transformationnel sur l’esprit humain, surtout lorsqu’elle est portée par un idéal humaniste et non violent. Son pouvoir réside dans sa grande capacité à rassembler des individus issus de catégories sociales différentes.

Célébration de la Fête de la musique dans le jardin du ministère des Outre-mer, ce 21 juin, à Paris. Photo : France-Guyane

Lors des grandes manifestations populaires, la musique est utilisée pour sensibiliser et mobiliser la foule. Elle devient alors un outil de prise de conscience, un élan spontané pour alerter l’opinion publique et, peut-être aussi, interpeller la classe politique.

Le pouvoir transformationnel de la musique peut amener certains groupes sociaux à s’engager pour revendiquer le changement. Cette dimension sociale invite à s’interroger sur la place de cet art dans la culture et la tradition haïtiennes.

Musique et transformation sociale en Haïti

Spectacle lors de la Fête de la musique en 2025 au Cap-Haïtien Photo : AFC

Nombreux sont les musiciens et musiciennes haïtiens, issus de courants variés, qui chantent pour la transformation sociale en Haïti. Il faut honorer la mémoire de Lumane Casimir, Toto Bissainthe, Martha Jean-Claude, Manno Charlemagne, Ti Manno, Master Dji, Ansy Dérose, Dieudonné Larose, Gary Didier Perez et tant d’autres. Tout en conscientisant la population, ces artistes, de leur vivant, ont utilisé ce médium pour dénoncer les inégalités, les violences systémiques et les injustices – politiques et structurelles – dans le pays.

Saluons aussi l’engagement de John Steeve Brunache, Emeline Michel, Beethova Obas, Carole Demesmin, TiCorn, Bélo, BIC, Jean Jean Roosevelt et Kébert Bastien. Ces créateurs continuent de faire de la transformation sociale une priorité dans leurs créations musicales.

Par ailleurs, nous n’ignorons pas celles et ceux qui chantent pour maintenir le statu quo et pervertir la société. Espérons qu’ils prendront conscience que la musique constitue un puissant vecteur de communication et de sensibilisation de masse qui mérite d’être utilisé à bon escient.

Puisse la musique contribuer au changement social en Haïti, pays au bord du gouffre! 

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