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La fin du Statut de Protection temporaire pour les Haïtiens aux États-Unis suscite indignation et réflexion sur les politiques migratoires. Cela souligne les défis structurels d’Haïti, incitant à favoriser une prospérité locale plutôt que de compter sur l’assistance extérieure. Une nation forte doit offrir des raisons d’y vivre et d’investir.

Avatar de Dieudonné Joachim

L’annonce de la fin du Statut de Protection temporaire (TPS) en faveur des Haïtiens aux États-Unis a provoqué un concert d’indignations et d’appels à la compassion. Cette fin longtemps prévisible vient relancer aussi le débat sur les politiques migratoires et la souveraineté du pays.

Le non-renouvellement de ce statut temporaire devrait agir comme un miroir. Celui-ci doit révéler la faillite d’un État incapable de garantir à ses propres citoyens la sécurité et des perspectives d’avenir.

Le débat s’obstine à condamner la sévérité de Washington. C’est ignorer que le durcissement migratoire n’est pas l’apanage exclusif des États-Unis. Il suffit d’observer les persécutions et les expulsions massives en République dominicaine, le verrouillage progressif des frontières dans la Caraïbe, les restrictions croissantes en Amérique latine ou les politiques sécuritaires qui se généralisent en Europe et en Amérique du Nord.

Partout, les pays s’alignent sur une tendance mondiale : la primauté des intérêts nationaux. Aucun État n’a vocation à résoudre les problèmes structurels des autres sur le long terme. On ne construit pas un pays sur des programmes temporaires d’immigration. Une nation qui vit de l’hospitalité des autres renonce progressivement à sa propre souveraineté.

Au lieu de quémander sans cesse la générosité et la pitié des autres, n’est-il pas temps de nous poser les vraies questions? Pourquoi des millions de compatriotes considèrent-ils qu’ils ont davantage d’avenir partout ailleurs qu’en Haïti? Pourquoi les talents les plus prometteurs se sentent-ils contraints d’offrir leur force de travail, leur génie et leur énergie à l’étranger?

La dignité d’un peuple repose d’abord sur sa capacité à assumer son destin. Si la solidarité internationale a son utilité, elle ne remplacera jamais une politique économique souveraine. Nous devrions nous armer de courage. Décidément, il faut abandonner la posture d’éternelles victimes. Aucun pays n’a l’obligation d’accueillir indéfiniment la population d’un État tiers.

La meilleure politique migratoire, c’est la prospérité

Si Haïti parvenait à redevenir un territoire sûr, productif et institutionnellement stable, la dynamique de l’exil s’inverserait d’elle-même. Il fut un temps où les citoyens haïtiens voyageaient pour se former, nouer des partenariats commerciaux, acquérir de nouvelles compétences ou faire du tourisme. Et non pour fuir la misère, les malfrats à cravate, à savate ou le chômage de masse. 

En effet, la prospérité dialogue d’égal à égal. Elle attire davantage le respect que la compassion, et les peuples respectés sont ceux qui produisent, innovent et inspirent confiance.

Le véritable patriotisme ne consiste pas forcément à plaider la prolongation de programmes migratoires précaires. Il réside dans la volonté de rendre Haïti suffisamment attractif pour que le retour à l’alma mater redevienne un choix de vie désirable plutôt qu’un sacrifice.

La fin du TPS n’est pas la fin du monde. Elle est une nouvelle occasion de ralliement pour exiger l’émergence d’un État capable d’assurer la sécurité physique, d’instaurer l’État de droit et de poser les jalons de la relance économique tant souhaitée.

Il faut cesser de rêver. Une nation forte, digne de ce nom, n’implore pas la protection des autres. Elle donne à ses enfants des raisons de vivre chez eux et d’investir dans leur propre avenir. Il est temps de sortir de notre léthargie!

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Une réponse à « TPS ou la fin d’une illusion migratoire »
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  1. Avatar de Erno Renoncourt
    Erno Renoncourt

    Un peuple qui renonce, pour un visa dans un pays étranger, à lutter pour protéger l’intégrité de son territoire et refuse de perdurer la mémoire du geste sacrificiel des héros qui ont lui donné, par l’indépendance, sa liberté et sa dignité, n’est plus un peuple. C’est une peuplade réduite à satisfaire ses exigences biologiques pour perdurer son existence. Haïti est une fiction. L’indépendance n’est qu’une légende enfumée qui nous permet par imposture d’en mettre plein la vue aux étrangers le premier janvier de chaque année, alors que le reste des 364 jours, nous quémandons et vivons indignement de l’assistance du Blanc.

COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Erno Renoncourt
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Erno Renoncourt
  4. Avatar de Inconnu
  5. Avatar de Nouvayti
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  7. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

🚫Nouvayti bannit la fausse nouvelle (fake news), la désinformation, la diffamation, les discriminations, le racisme (lié à la couleur de peau, à l’origine ethnique, à la religion, etc.), l’incitation à la haine et à la violence sous toutes les formes.
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