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Clou de l’affaire Orélien. Les Éditions du Boréal ont annoncé, dans un communiqué, le 21 octobre 2026, la fin de leur relation avec l’auteur de « C’était ça ou mourir ». Pour nous, qui commentons cette affaire de plagiat et d’usage d’intelligence artificielle, le principe de probité doit primer…

Avatar de Victor Junior Jean

Une question nous semble pertinente avant tout. Dans son parcours scolaire, universitaire et professionnel, Thélyson Orélien a-t-il suivi une formation sur le plagiat ou pris connaissance des aspects liés à cet acte indésirable au moment de créer son chef-d’œuvre? Si oui, il s’est mis en situation de malhonnêteté intellectuelle; si non, il est victime d’ignorance (ou par ignorance). Dans les deux cas, son infraction entraîne des conséquences terribles sur sa carrière d’auteur. Et pour cause.

Les Éditions du Boréal décident de ne pas réimprimer son roman et publier ses autres livres. La maison d’édition de Montréal a justifié sa décision à sa manière :

« De nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir, alors que l’auteur nous avait assuré, à plusieurs reprises, ne jamais y avoir eu recours pour la création de son roman ».

La même Boréal dit toujours ignorer « dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans la création » de ce roman vendu comme des petits pains.

Les Éditions du Boréal, communiqué, 21 octobre 2026

Hormis le problème de l’usage de l’IA

Thélyson Orélien avait reconnu ses actes de plagiat commis de 2012 à 2014, révélés par La Presse. À l’instar de la tricherie et des autres fraudes, le plagiat, une ligne rouge qu’il faut toujours éviter, constitue un comportement indésirable tant dans le champ littéraire que dans le milieu journalistique ou scientifique.

Dans les universités, les actes de plagiat sont tellement fréquents, davantage à l’ère de l’IA, que les responsables prennent des dispositions réglementaires et disciplinaires fermes.

À l’Université du Québec en Outaouais, par exemple, une personne étudiante commet un acte de plagiat si elle :

  • présente les idées, les mots, les données, ou quelque autre production d’une autre personne, ou ceux générés par une intelligence artificielle, sans référencement à la source selon les normes de la discipline;
  • reproduit un texte ou une partie du texte d’une autre personne ou généré par des outils d’intelligence artificielle, sans en indiquer les références selon les normes de la discipline;
  • copie, en tout ou en partie, le contenu d’un site Internet, des documents disponibles sur Internet ou du contenu généré par des outils d’intelligence artificielle (texte, image, données, analyses statistiques, notamment), sans le signaler et en préciser la source selon les normes de la discipline;
  • copie de l’information provenant de l’ordinateur ou des courriels d’une autre personne étudiante ou d’une tierce personne sans en indiquer la source selon les normes de la discipline;
  • copie, en tout ou en partie, le contenu d’un travail téléchargé à partir d’un site Web ou tout autre moyen d’achat ou d’échange de travaux;
  • produit ou génère de fausses références y compris par des outils d’intelligence artificielle.

Si et seulement si le traitement réservé à Orélien, ce jeune homme haïtien et québécois, concernerait également d’autres créateurs et créatrices…

Merci de commenter

3 réponses à « Affaire Orélien : ignorance ou malhonnêteté intellectuelle? »
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  1. Avatar de Erno Renoncourt
    Erno Renoncourt

    Cher Victor Junior Jean, j’espère que votre texte a été écrit avant que Thélyson Orélien ait expliqué au journal français Libération, peu de temps après son désaveu par son éditeur Boréal, que c’est son amour pour la littérature qui l’a poussé à faire les bêtises qu’il a faites.

    Car à travers cette nouvelle ligne de défense l’auteur, ou pour mieux dire le tricheur, comme l’appelle désormais Stéphane Gendron, ne peut plus bénéficier de circonstances atténuantes. Et tous ceux et toutes celles qui se sont pris pour des critiques littéraires, en affirmant que c’est par jalousie pour l’immense talent de l’écrivain qu’on l’accusait à tort, et qui ne reconnaissent pas leur erreur d’analyse, devant les failles béantes de sa défense, et tous ceux et toutes celles qui continuent de lui trouver des excuses ne font que reconnaitre leur penchant pour le vol et le vice.

    D’ailleurs, je vais en mettre une couche d’opprobre sur le tricheur, car à bien lire sa nouvelle ligne de défense, on peut sans crainte demander si ce type était resté en Haïti, s’il ne serait pas un membre actif de Viv Ansanm.

    Car, en affirmant que c’est l’amour de la littérature qui le pousse à voler les œuvres des autres et à s’en attribuer le mérite, il reprend le même discours des chefs de gang de Viv ansanm qui disent pour leur défense que c’est par amour pour la belle vie qu’ils égorgent, volent, tuent et dévastent le pays.

    Mais pour ma part, ce n’est même pas le plagiat qui me révolte, c’est que le livre ne fait que célébrer le Pito nou lèd nou la. Et c’est d’ailleurs cette indignité qu’assume l’auteur-tricheur en prétextant que c’est par amour pour la littérature qu’il dépouille les autres de leurs œuvres pour se les approprier. Car dans une posture de déshonneur identique, on se souvient que Jason Arday a préféré mettre fin à ses jours pour ne pas vivre avec cette honte. Et voici que ce type, au lieu de se taire et de se faire oublier, essaie de défendre ses ignominies. Comme quoi Degage pa peche. Se sôt ki bay embesil ki pa pran.

    Il faut dire que le plagiat est très répandu chez les lettrés Haïtiens. D’ailleurs nos écoles et nos universités, dans 99.99% des cas ne font que récompenser des tricheurs.

    Et c’est pourquoi il est si difficile de lutter contre la corruption en Haïti, car c’est un écosystème dans lequel, l’opacité, la cécité, la surdité se font complices de la criminalité et structurent le règne de l’impunité. Ce n’est pas un hasard que presque tout Haïti s’est reconnu dans Thélyson Orélien.

    Permettez que je termine en paraphrasant Aldo Leopold (1887 – 1948), pour rappeler qu’une cause est humainement juste et donc intellectuellement défendable, lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la cohérence, la dignité et la beauté de l’humain dans sa reliance avec son écosystème (communauté biotique) ; et dès lors qu’elle tend à autre chose, elle est injuste et indéfendable.

    A bientôt

    1. Merci pour votre commentaire, Erno Renoncourt. Nous avons pris connaissance de l’entrevue d’Orélien à Libération après avoir rédigé notre texte.

      Nous partageons l’idée selon laquelle l’auteur devrait se mettre en retrait pendant un moment. De même, nous devrons cesser d’acculer notre compatriote à l’anéantissement total…

      1. Avatar de Erno Renoncourt
        Erno Renoncourt

        Merci pour la précision, je m’en doutais bien. Car je sais que vous avez des ressources dimensionnées pour éviter de vous embarquer dans la défense de l’indéfendable, même quand c’est un des nôtres. Et c’est justement, parce que c’est un des nôtres qu’il nous faut être sans complaisance avec cette posture indigente.

        Car il faut rappeler à l’auteur que quand on aime la littérature, on achète ou emprunte des livres, on farfouille internet (avant on allait dans les bibliothèques publiques) pour trouver de bonnes fréquentations littéraires, et on lit. On se cultive. Puis, on trouve une cause juste à défendre et on exerce son écriture jusqu’à trouver son style et sa tonalité propres.

        C’est ce que font ceux qui sont dignes, honorables, éthiques et probes. Moi, cela fait 22 ans depuis que je manifeste mon amour pour la bonne littérature, sans m’attribuer les travaux des autres, sans recours à des artifices pour tricher; qu’importe qu’ils soient anoblis comme artifices intelligents.

        Je peux prendre à témoin Pierre Manigat Junior qui collabore à ce journal en ligne. Il a été parmi les rares rédacteurs en chef du Nouvelliste à publier quelques uns de me textes. Ceux qui lui ont succédé ont trouvé que je prenais trop de place …..Bref, ce n’est pas le sujet. En tout cas, cela fait 22 ans …et malgré des centaines d’articles qui sont considérés comme des essais (disséminés sur plusieurs sites), et d’une dizaine de manuscrits inachevés que je ne cesse de retraiter pour « les polir et les polir sans cesse » jusqu’à en être satisfait du résultat final pour les publier éventuellement. Et surtout, s’il me reste du temps, vu mon âge (bientôt 60), ma santé déclinante et la courte espérance de vie qu’il reste à ceux qui sont dignes et qui sont en Haïti….

        Qu’on me pardonne ma radicalité, mais moi je suis de ceux qui vivent la littérature comme un laboratoire de la condition humaine, et que donc chacun a quelque chose à dire, pourvu que cela soit de lui, qu’importe que ce soit médiatisé ou non.

        A bientôt.

COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Erno Renoncourt
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Erno Renoncourt
  4. Avatar de Inconnu
  5. Avatar de Nouvayti
  6. Avatar de Inconnu
  7. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

🚫Nouvayti bannit la fausse nouvelle (fake news), la désinformation, la diffamation, les discriminations, le racisme (lié à la couleur de peau, à l’origine ethnique, à la religion, etc.), l’incitation à la haine et à la violence sous toutes les formes.
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