L’amende de 1,2 milliard de dollars infligée à Bank of America, la deuxième plus grande banque des États-Unis, le mardi 14 octobre, constitue la troisième plus importante de l’histoire du département Trésor, vieux de 237 ans.
Si ces sanctions ne menacent pas l’existence de la banque, elles pèsent néanmoins lourd sur sa gouvernance, sa réputation, ses coûts de conformité et son avenir réglementaire.
Les faits…
Bank of America, l’une des banques préférées des Haïtiens (aux côtés de JP Morgan Chase et de Wells Fargo) en terre étatsunienne, a rapidement reconnu ses violations. Le Trésor a confié que l’institution bancaire « admet avoir délibérément violé » la loi de 1970 sur le secret bancaire, qui oblige les banques à aider le gouvernement à détecter et à prévenir le blanchiment d’argent.
« La conformité en matière de criminalité financière est une affaire sérieuse, et il est de notre responsabilité de la respecter scrupuleusement », a déclaré Bank of America dans un communiqué. « Nous avons collaboré avec les autorités de réglementation pour parvenir à ces accords de sanctions découlant des infractions mentionnées dans l’ordonnance de consentement de 2024 (du contrôleur de la monnaie) et dans l’enquête du FinCen, précédemment publiées. »
Le Trésor reproche à Bank of America de ne pas avoir déclaré plus de 5 milliards de dollars de transactions suspectes. Plus d’un milliard de ces transactions présentaient des risques pour la sécurité nationale étasunienne.
Les fautes reprochées à cette banque vont des défaillances graves dans la détection des transactions suspectes aux erreurs dans le filtrage des entités sanctionnées, en passant par une dépendance excessive à des tiers pour identifier les risques, jusqu’aux retards massifs dans les rapports obligatoires.
Les conséquences immédiates
La banque devra faire face à un impact financier lié à cette charge exceptionnelle de 1,2 milliard de dollars dans les résultats du 3ᵉ trimestre 2026. Elle a également enregistré une baisse de son titre en bourse (‑2,7 % après l’annonce). En réalité, Bank of America demeure la deuxième plus grande banque des États-Unis. La tendance de ses revenus pour 2026, jusqu’au mois de juin, est de 119,2 milliards de dollars (soit une croissance de 8,1 % sur l’année) et un résultat net de 33,6 milliards de dollars.
Nous n’allons oser aucune comparaison déplacée. Nous laissons aux lecteurs le soin de comprendre par eux-mêmes. À leur tour de poser librement les bonnes questions. Cependant, nous retiendrons lorsque les agissements d’une institution ou d’un groupuscule sont de nature à compromettre les intérêts et la sécurité nationale d’un pays normal, les sanctions sont sans appel.
La décision du département du Trésor étasunien contre Bank of America vise surtout à rappeler la fermeté des autorités face aux dérives du secteur financier.

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