Il faut remplacer ce système que les « gwo tanta », « ti lolit », « ti memwa », « san sèvèl » veulent recycler, rapiécer, colmater éternellement. Par exemple, l’État haïtien – prédateur irresponsable, « sankoutya » qui s’enorgueillit d’être le plus grand employeur – ne peut et ne doit pas continuer à embaucher de dignes, pauvres citoyennes et citoyens tout en les condamnant à la misère absolue à vie.
Et en maintenant sans amendement de la clause constitutionnelle qui donne pour responsables de Mairies un cartel de trois membres, sous dépendance administrative, financière des ministères de l’Intérieur et de la Défense nationale. Cette expérience s’est avérée inefficace, improductive, conflictuelle, irréaliste au regard de la réalité sociopolitique post 86.
Cette farce de trois individus – bien souvent inconnus l’un pour l’autre, réunis par le plus grand hasard, la plus sordide finalité – doit cesser dans la gestion municipale. Pour la simple raison qu’un seul, le président, en fait, jouit de tous les privilèges, détient tout pouvoir, toute autorité… Ainsi il se comporte en omipotent, omniscient, plenipotentiaire, deus ex machina pour avoir été plus proche des initiateurs de l’association mafieuse, principal bailleur de fonds ou borgne du royaume, gardé par une femme d’apparat, juste pour respecter un quota.
Une farce qui fait le bonheur des papes de l’État prédateur, trop heureux de combler la dissolution de cartel – pour vol, abus de pouvoir, dénonciations fantaisistes, détournement de fonds – par trois agents intérimaires, hommes de main, affidés dotés de ce statut illégal mais admis. Voilà pourquoi ils ne veulent pas marquer la rupture, changer le système, amender la Charte de 1987 dans les normes, penser la reconstruction nationale… Ils vivent du chaos…!
On pourrait bien fermer les yeux sur cette source de corruption, ces nuisances n’abreuvant qu’un petit lot de crapules. N’étaient ses ramifications dans la souffrance et la misère d’innombrables petits employés de voirie des villes et des mairies du pays, dépourvus de décharges, de matériel roulant et d’équipements adéquats pour la collecte des immondices et des résidus solides. Pas étonnant que le pays croule sous des montagnes de fatras, de carcasses de voitures…
Ils ne veulent pas juguler la crise constitutionnelle pour décentraliser, déconcentrer ce qui doit l’être… Voulant garder le monopole éternel, absolu de la corruption, dilapidation de fonds publics, du népotisme cyclique, en tant que dispensateurs exclusifs de faveurs, droits, privilèges indus…
Mettez-vous, rien qu’un instant sans vous boucher le nez, à la place des employés de mairie, cantonniers, éboueurs qui – sans masque, torse nue – plongent jusqu’au cou dans un égout à ciel ouvert dans les rues attenantes aux bidonvilles… Deterrent à la pelle couches de bébés, serviettes hygiéniques de femmes, matières fécales dissimulées dans du foam à emporter…
Tenez-vous bien! Ces employés sont maintenus dans un statut de contractuel, donc, sans assurance santé, vie, ne touchent qu’une année sur deux, ne survivent que grâce à la commisération, l’empathie de contribuables généreux…
Ils ne veulent pas remplacer l’ordre établi, mais vous pouvez décider de changer le cours fatidique de l’histoire, réorienter l’organisation politique globale du pays… Vous pouvez faire échec et mat à leur plan diabolique de garder à vie, sous absorption malsaine d’oxygène, le système cadavérique « peze souse » favorisant l’immixtion de l’étranger dans le renouvellement des dirigeants de l’État… Pour mieux liquider, exploiter, piller les ressources humaines, richesses du sol, sous-sol d’Haïti…
Haïti a fait de vous la dignité des Noirs, quel sacrifice est trop grand pour faire d’elle une République souveraine, indépendante, libre…?
« Jwèt pou ou! Si vous êtes convaincus d’être citoyens, patriotes, nationalistes, Haïtiens authentiques…!

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