La Russie constate que le régime actuel de sanctions (embargo sur les armes, interdictions de voyager et gel des avoirs) contre Haïti est d’une « extrême inefficacité ». Par conséquent, le pays de Vladimir Poutine n’a pas voté pour la résolution 2831 qui renouvelle pour un an ce régime en vigueur depuis 2022 et prolonge pour une période de 13 mois le mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions. Le Conseil de sécurité a justifié sa décision en arguant que « la situation en Haïti continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région ».
En dépit de la résonance de cet élément de langage de l’organisme onusien, Vassili Nebenzia, représentant russe à l’ONU, juge que « dans le contexte du processus politique extrêmement fragile que traverse le pays [Haïti], toute ingérence extérieure ne peut qu’aggraver une situation déjà complexe ». Cela ne signifie pas que son pays a « le désir de protéger des responsables corrompus ou de manifester une attitude particulière à l’égard de l’élite politique haïtienne ».
Aggraver la situation haïtienne, c’est peut-être ça l’ambition des États étrangers qui prennent Haïti en otage et y dictent leur loi. Aggraver la situation haïtienne, en quoi cela peut-il déranger les États-Unis et ses alliés?
Au contraire, ce pays impérialiste, dont l’influence indiscutable n’aide pas les causes des plus faibles, s’amuse à créer le chaos partout afin d’en tirer profit et de régner en maître et seigneur. Depuis le débarquement militaire en 1915, les bottes violentes de l’Oncle Sam ne cessent d’écraser ce peuple qui a connu l’esclavage, la colonisation, des catastrophes naturelles…
Le pire
Concernant l’ingérence politique étasunienne, le pire est que l’officiel russe défend Haïti mieux que les dirigeants haïtiens. En ce sens, la déclaration de Pierre Éricq Pierre est l’expression de l’attitude dépendante des responsables d’une nation incapable de lever la tête et de se prendre en charge de manière autonome.

« Haïti accueille favorablement l’adoption de la résolution renouvelant le régime de sanctions, qui témoigne de la détermination du Conseil à combattre les réseaux criminels menaçant notre pays », a applaudi le représentant haïtien à l’ONU. Or, même le Conseil de sécurité reconnaît que « les sanctions ne constituent pas une fin en soi ».
Plus Washington et ses alliés, par le biais de l’ONU ou d’autres instruments internationaux, s’immiscent dans les affaires internes d’Haïti, plus la situation du pays mis à genoux empire. Et à chaque fois, ils imposent des solutions pour défendre d’abord leurs intérêts et maintenir ensuite le peuple haïtien sous la domination. Qu’en sera-t-il vraiment de l’achat et de la circulation des armes qui endeuillent les familles haïtiennes? La réponse est dans la question.

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