Tout pays qui se respecte refuse qu’un autre s’ingère dans ses affaires. Pour preuve, les États-Unis surveillent le Canada à la recherche de signes d’ingérence électorale, à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026. Cette déclaration est de l’ambassadeur étasunien au Canada, Pete Hoekstra, dont le pays a à l’œil les responsables politiques canadiens à ce sujet. Le premier ministre Mark Carney a balayé cette crainte « d’activités canadiennes » dans le processus électoral de son voisin.
Pendant ce temps, l’ingérence étasunienne dans les affaires d’autres territoires se poursuit.
Brésil
Une affaire d’« ingérence étasunienne » pousse le président Luiz Inacio Lula da Silva a demandé à la justice brésilienne de disqualifier son concurrent Flavio Bolsonaro à l’élection présidentielle dont le second tour devrait avoir lieu le 25 octobre 2026. Dénonçant cette opération étrangère, le leader de gauche accuse la multinationale étasunienne « Meta » qui, à son tour, nie les accusations, selon La Presse. Le président Donald Trump, lui, ne cache pas son soutien au candidat d’extrême droite, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro emprisonné.
Avant le premier tour présidentiel, le 4 octobre 2026, des soupçons d’ingérence des États-Unis ont circulé dans les médias. Les autorités brésiliennes avaient alors ouvert une enquête sur cette question. « Le Brésil n’est dans l’arrière-cour de personne », appelait le président Lula da Silva, lors de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, le 22 septembre 2026.

« L’histoire de l’Amérique latine au XXeme siècle a été marquée par la domination impériale des États-Unis. Si la révolution cubaine, en 1959, a suscité une immense espérance sur le continent, Washington n’a eu de cesse de l’étrangler. La doctrine de »sécurité nationale » a amené les États-Unis à soutenir les dictatures les plus dures et à combattre, par intervention directe ou indirecte, les diverses tentatives nationales de contestation de l’ordre établi. La lutte contre le communisme a ainsi interdit tout espoir de changement, hier à Saint Domingue, au Chili, au Nicaragua, au Salvador, et, plus récemment, en Haïti».
Philippe Rekacewicz, Ingérences étasuniennes, Le Monde diplomatique
Union Européenne (UE)
Les États-Unis sont impliqués dans une opération d’influence pour « empêcher ou perturber la conférence européenne sur la désinformation #Disinfo2026 », selon Sleeping Giants France. Ce collectif citoyen a expliqué, dans un billet de blog de Mediapart, le 8 octobre 2026, que :
« Cette opération concertée combinant pressions diplomatiques et ciblage individuel est donc menée par un état étranger afin d’influencer la tenue d’une conférence intra-européenne concernant sa sécurité et son indépendance. C’est clairement une ingérence étrangère destinée à empêcher d’aborder le sujet de l’ingérence étrangère.».
Pourtant, le Canada, la Lituanie et le service diplomatique de l’UE ont cédé aux pressions de l’administration Trump qui exigeait le retrait de leur soutien à « cette importante conférence européenne sur la désinformation », selon The Guardian.
Haïti
Historiquement, Haïti ne représente que la basse cour des États-Unis qui refusent de laisser le pays caraibéen régler par lui-même ses propres affaires. Dénoncée récemment par le représentant de la Russie à l’ONU, Vassili Nebenzia, cette « ingérence extérieure » demeure un handicap majeur pour le peuple haïtien, car elle met en péril son droit à disposer de lui-même.
Le pire est la complicité des acteurs locaux dont la mentalité de se soumettre aux pays étrangers rend la tâche beaucoup trop facile pour Washington. Dans cet ensemble, les politiciens sans gêne permettent de légitimer l’ingérence étasunienne en préservant ainsi les intérêts des États-Unis. Également, il faut pointer le rôle de la plupart des médias dominants.

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