Dieu, son fils Jésus et le Saint-Esprit forment la fameuse Trinité, parfaite pour les chrétiens. En Occident, le narratif biblique autour de ces trois personnages mythiques et mystiques constitue une stratégie efficace pour manipuler les esprits, exercer le pouvoir (politique, économique et religieux), s’enrichir, dominer les peuples… Et les États-Unis croient tellement en ce Dieu, être suprême et mystérieux, que ce pays capitaliste a inscrit In God We Trust sur sa puissante monnaie (le dollar).
De cette histoire, la plus percutante jamais inventée, Trump, figure portée par la droite chrétienne et l’idéologie MAGA (Make America Great Again), en a profité à cœur joie notamment durant la campagne présidentielle de 2024 : « J’ai été sauvé par Dieu pour que je puisse redonner à l’Amérique son honneur. ». Cette déclaration qu’il a faite après avoir été ciblé par un tireur, lors d’un rassemblement public, témoigne de l’usage de cette arme fatale qu’est la religion chrétienne.
Trump et ses stratèges savent que le christianisme, socle sur lequel repose le capitalisme, demeure un instrument efficace pour contrôler les masses populaires.
Un « envoyé de Dieu » avide
Les acteurs de l’évangélisme politique pro-Trump ont poussé tellement loin leur audace qu’ils décrivaient le candidat républicain en tant qu’« envoyé de Dieu ». Selon leur propagande, cet « homme de Dieu » a été choisi pour « sauver l’Amérique ». Résultat? Plus de 80 % de chrétiens conservateurs ont voté ce « président de droit divin », pourtant un criminel aux yeux de la justice étasunienne.
Dans ce contexte de fondamentalisme chrétien, Trump préside comme un roi. Mais insatiable, il s’est vu nommer pape et s’est même comparé avec Jésus. Le magnat, qui a ordonné, en 2025, la reprise des tests nucléaires, est un acteur principal de l’intervention militaire en Iran et au Liban sans l’autorisation légale. Ce fils de Dieu a beaucoup de pouvoirs. Complice des colons d’Israël en Palestine et guidé par son réflexe capitaliste, il a manifesté, sans gêne, sa volonté de transformer la bande de Gaza en « Riviera du Proche-Orient »; ce que Pascal Boniface qualifie de plan de « nettoyage ethnique ».
Ainsi l’oligarque chrétien de Mar-a-Lago, convaincu par sa puissance géopolitique, incarne bien son monde idéologique où le capitalisme sauvage, tel que Jean Ziegler le nomme, et le christianisme sont intimement liés.
Porte-étendard du suprématisme blanc
L’administration Trump a minimisé un défilé de suprématistes blancs sous prétexte de « liberté d’expression ». Ils étaient des centaines de militants à défiler librement à Washington pour le 250ᵉ anniversaire de l’indépendance. En matière de politiques répressives contre les immigrants, MAGA peut compter sur Stephen Miller, un suprématiste blanc qui conseille Trump à la Maison-Blanche. C’est l’ère du suprématisme décomplexé.
En fait, si l’usage du christianisme s’est révélé efficace dans la stratégie électorale, cette religion est surtout utilisée, par une bonne partie de la base idéologique qui a porté Trump au pouvoir, pour consolider la suprématie blanche.
Les conseillers de Trump connaissent sans doute l’histoire. Alors, ils ont dû se rappeler la contribution de l’Église dans les mécanismes qui furent mis en place pour institutionnaliser et légitimer l’esclavage et la colonisation par « la volonté divine ». Dans ce cadre normalisé, Dieu et Jésus demeurent d’une grande utilité pour les bénéficiaires de ces systèmes. Ce n’est pas sans raison que les oligarques chrétiens, capitalistes et suprématistes s’appuient sur la Bible pour pérenniser leur domination. Il faut bien reconnaître leurs idéologies racistes et y résister. Qu’en pensent les chrétiens haïtiens?

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