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Nous mobilisons l’axiome de l’alignement plat pour analyser l’impact des groupes dominants haïtiens sur le pays, exacerbant l’éclipse de l’intelligence et de l’humanité. Ce phénomène entraîne une stagnation cognitive et éthique, où l’opacité et la recherche de profits dominent. Cette dynamique, soutenue par les acteurs internationaux, entrave toute innovation et développement.

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À travers l’axiome de l’alignement plat, nous cherchons à expliquer scientifiquement les postures des groupes dominants haïtiens et leurs effets assombrissants sur le destin du pays. En effet, en s’alignant derrière les ombres des réussites asservissantes que donne la géostratégie de la déshumanisation, les groupes dominants ont fait régner sur Haïti une éclipse permanente qui obscurcit tout, et redonne au pays des attraits qui rappellent le code noir d’avant l’indépendance.

Difficile, en pensant aux effets de cette éclipse, de ne pas se rappeler ce refrain de Mizik Mizik qui semblait faire éloge de l’obscurité pour mieux dénoncer les postures des hommes d’affaires et politiques haïtiens, toujours en quête de mauvais arrangements pour leurs profits. « Ban’m fè nwa mwen, ban’m blakawout mwen, se li mwen bezwen pou’m jere biznis mwen ».

Logiquement, quand tous les acteurs sociaux d’un pays recherchent, en même temps, l’opacité, la facilité, la flexibilité et l’utilité, en s’alignant derrière les ombres des réussites asservissantes que procure la géostratégie de la globalisation, il ne peut que régner en ce lieu, à force d’enfumage et de futilités, qu’une éclipse permanente et totale. Cet alignement plat des postures des acteurs sociaux haïtiens trouve sa justification dans la représentation que se font les groupes dominants d’Haïti comme lieu et territoire. C’est toujours l’incompétence et l’inhumanité du leadership d’un pays qui explique son effondrement dans les abysses de l’indigence.

Le fléchissement des postures pour échapper aux précarités locales

En effet, ceux qui sont académiquement et culturellement anoblis en Haïti, pour ne pas offusquer la flagrante médiocrité de leurs protecteurs économiques, politiques et diplomatiques, ont désappris à penser et surtout à penser dans la critique. Ainsi, s’est fossilisé chez eux le processus de la cognition qui est pourtant l’essence de toute humanité libre et digne. C’est cet autoroutage de l’intelligence naturelle vers l’insignifiance anoblie qui explique l’absence de différence de potentiel cognitif et éthique entre les bornes extrêmes de la société haïtienne.

En s’interdisant d’apprendre de leur contexte problématique, les groupes dominants haïtiens se retrouvent incapables de donner sens aux ressources qu’ils détiennent pour les exploiter comme des moyens d’innovation. Le savoir, la culture, le pouvoir et les avoirs économiques deviennent, entre leurs mains, des outils d’anoblissement, de rente, de « fè wè » et d’intimidation. Verrouillés dans les sangles de leur asservissement, ils sont incapables de rompre avec la tradition des projets simplifiés et réchauffés qui plaisent tant aux agences internationales, aux bailleurs internationaux et aux acteurs économiques locaux. En outre, leur rayonnement par endettement éthique, contraint par des privations de liberté et dépouillé de tout soupçon de dignité, les empêche de s’élever à hauteur de transcendance pour acquérir la vision propice à l’élaboration de politiques publiques innovantes. 

Pour eux, Haïti n’est pas un pays. Et encore moins un pays qui a besoin d’intelligence. C’est un lieu précarisé et déshumanisé qu’il faut fuir et qui ne peut servir que de territoire 

d’expérimentation de l’indigence. De fait, les réseaux de savoir et de pouvoir haïtiens ont préféré tourner le dos aux problématiques locales pour mieux s’aligner sur les injonctions des réseaux économiques transnationaux et diplomatiques internationaux. Après tout, ces derniers ne sont-ils pas les vrais gestionnaires des ressources du pays et donc les fabricants de la réussite nationale? Se sòt ki bay, embesil ki pa pran disent les lettrés malicieux haïtiens. Ce à quoi la malice collective ajoute : « Kapab pa soufri! Se kolonn ki bat ». 

L’absence de potentiel cognitif et éthique et l’entropie performante 

Ainsi se succèdent les générations d’Haïtiens, par colonnes de crapules et de couillons, au sommet du leadership national, dans les mêmes postures invariantes d’indigence anthropologiques, entre mécréance stratégique et insignifiance académique.

 Cette configuration sociale, à angle plat, crée un nivellement par le bas qui annihile toute tension cognitive et éthique dans la société haïtienne. Puisqu’au demeurant groupes dominants et groupes dominés s’alignent sur le même plan de l’asservissement devant les intérêts étrangers. Or sans tension cognitive et éthique, pas de différence de potentiel innovant (DPI) entre les bornes extrêmes d’une société. Sans DPI, pas de forces capables d’impulser des projets économiques, politiques, éducatifs sociaux et culturels propres. C’est donc l’alignement plat des forces sociales haïtiennes qui empêche au pays d’exploiter sa culture comme réservoir stratégique informationnel pour réduire l’entropie de l’écosystème. Ainsi l’énergie produite par les forces sociales se dégrade en futilités, en acclamation, en mimétisme aliénant et ne sert qu’à entretenir le chaos structurel. D’où l’invariance anthropologique qui reproduit l’éternelle alternance entre cycle de migrations forcées et cycle d’adaptation culturelle à l’insignifiance. Deux cycles d’indigence copilotés par le global, mais qui s’équilibrent localement par le jeu des interactions socio-économiques anarchiques des acteurs sociaux haïtiens. Deux cycles foudroyants de médiocrité qui plongent l’écosystème haïtien dans cette invariante instabilité à quatre temps : dégradation de l’environnement, paupérisation économique, apprentissage de la violence et régression sociale. 

Voilà la dynamique entropique contextuelle que les agences internationales tentent de résoudre avec des solutions universelles de bonne gouvernance. Des élections à tout prix. Qu’importe que le contexte humain, social, institutionnel, culturel, économique et politique favorise les liaisons malsaines entre corrompus et criminels! Des projets d’investissement public, avec financement national et/ou international, sans étude de faisabilité. Qu’importe l’incohérence de leurs finalités avec la réalité du contexte! Qu’importe leur déficit de structuration méthodologique! Qu’importe l’absence de fiabilité de leurs données! Des appels frénétiques d’innovation technologique. Qu’importe qu’ils puissent être des accélérateurs qui feront passer Haïti de sa phase d’entropie anthropiquement performante à son implosion anthropologique (IA)!

C’est pourquoi il nous semble que la promotion des élections et de l’intelligence artificielle dans le contexte d’indigence avancée de l’écosystème haïtien semble dissimuler une même finalité inavouable. Nous y reviendrons.

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COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Inconnu
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Inconnu
  4. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

  5. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Je tiens à te féliciter chaleureusement pour ton brillant article. Ton analyse est d’une lucidité remarquable et pose…

  6. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro Je tiens à te féliciter chaleureusement pour la puissance, la justesse et la profondeur de ton texte. À…

  7. Avatar de Erno Renoncourt

    Point besoin d’avoir un diplôme de Havard University en fiscalité et gouvernance des entreprises pour savoir que ce n’est qu’une…

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