C’est avec peine que je t’écris, cher compatriote. Tu as quitté Haïti pour fuir la mort à l’instar de Jonas Dorléon, te voici enveloppé dans de sales draps au Québec et en France pour être enterré vivant. Dans l’espace public élargi, tout s’est passé vite après que « Balance ton Claude » t’a mis à mort en tant qu’écrivain à la suite des allégations selon lesquelles tu aurais écrit ton roman à succès, « C’était ça ou mourir », à l’aide de l’intelligence artificielle.
Beaucoup de personnes étaient derrière toi – moi, je t’ai soutenu à travers une publication sur Facebook – jusqu’à ce que s’ensuivent les accusations de plagiat qui te décrédibilisent et cassent ton élan exceptionnel dans le monde littéraire. Un monde à la fois prestigieux et cruel, composé de gentils et de méchants, d’anges et de démons. Ou peut-être sans l’un ni l’autre.
Les faits sont accablants.
« Nos doutes sur la démarche de Thélyson Orélien quant à son recours à l’IA ont mené à la découverte de plagiat ».
— François Cardinal, éditeur adjoint de La Presse
« L’équipe des Décrypteurs a analysé une poignée de textes signés par Thélyson Orélien au cours des 15 dernières années. Plusieurs phrases et paragraphes avaient déjà été rédigés… par d’autres ».
— Stéphanie Dupuis et Fanny Tan de Radio-Canada
« Soupçonné d’avoir eu recours à l’IA pour ses romans, l’auteur québécois haïtien a par ailleurs plagié la préface du célèbre livre ‘’Le Matin des Magiciens‘’ pour un prix remporté en 2012 ».
— Florian Gouthière de Libération
Face à la véracité des faits, présenteras-tu des excuses publiques? Au moins, tu devrais t’expliquer. De toute façon, ton glorieux moment aura été éphémère. Dommage! En commettant ce « grand péché de la littérature », c’est toi qui as fourni la munition fatale aux tireurs d’élite pour t’atteindre plus facilement et te mettre KO finalement. Alors que tu étais sur le point de vaincre les complotistes.
Le plagiat est une ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir.
De grandes gueules s’en donnent à cœur joie ici et là. Tes détracteurs s’en réjouissent. Ça leur amuse d’en finir avec toi. Même ta maison d’édition, Boréal, n’y peut rien; elle pourrait te livrer en pâture. La Presse annonce déjà qu’elle ne publiera plus tes textes (tes lettres). Ce n’est que le début des répercussions d’un acte interdit sur ta carrière d’écrivain. As-tu pensé à évaluer d’autres décisions désagréables?
Certainement, tu n’es ni le premier ni le dernier plagiaire. Si seulement l’opération conduisant à la découverte de ta faute grave serait effectuée de la même manière pour les œuvres des auteurs de ton temps et de tout acabit. Rien que pour tester leur crédibilité, leur honnêteté, leur originalité…
Oui, certaines grandes personnes, en particulier la plupart des milliardaires, trichent en général pour s’enrichir et dominer. Mais retiens que des gens d’origine modeste comme toi, comme moi, doivent procéder autrement pour réussir dignement dans l’univers de la création littéraire ou dans d’autres domaines.
Courage!

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