Du carburant frelaté vendu dans certaines stations-service provoque des pannes mécaniques, selon plusieurs automobilistes que notre rédaction a contactés, notamment dans les environs de Port-au-Prince. Si la cause exacte du problème n’est pas encore révélée, des syndicats du transport ont déjà tiré la sonnette d’alarme.
Pannes, arrêts soudains et avaries…
En tant que produit transversal, tout dérangement dans la chaîne d’approvisionnement des produits pétroliers entraîne immédiatement des perturbations dans le commerce de gros et de détail. Il en va de même pour le transport, l’électricité, la production agricole, et bien d’autres secteurs. Pour l’instant, les complications ne sont pas imputables à une seule enseigne.
Ce qui est certain, des véhicules à moteur font face à des difficultés de démarrage, des ratés, ou s’arrêtent purement et simplement après la mise en marche. Les propriétaires de groupes électrogènes rapportent des avaries similaires.
Aveu sur les pratiques du secteur
Victimes de ce carburant frelaté, des automobilistes et motocyclistes ont immédiatement informé des syndicats, tels que le Secteur du Transport terrestre haïtien (STTH) et le Mouvement unifié des Transporteurs haïtiens (MUTH).
Les syndicats ont à leur tour alerté les autorités, notamment le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) et son titulaire, James Monazard. Pour sa part, le MCI s’est fendu d’une note pour appeler la population à la prudence, au calme tout en promettant des analyses spécialisées pour déterminer le problème. La nation ne va pas mourir pour si peu.
« Dans le temps, les transporteurs avaient l’habitude de mélanger le diesel et l’essence ». Marc André Dériphonse, président de l’Association nationale des propriétaires de stations-service (ANAPROSS) , sur les ondes de Radio Métropole.
Selon lui, à cette époque, il existait une différence notable entre les deux produits. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Sans le vouloir, il a vendu la mèche. Ce secteur aux pratiques douteuses ne s’embarrasse pas de scrupules pour dégager des marges, surtout dans les moments les plus sombres. Ce qui compte, c’est le gain.
Transporteurs, distributeurs, pompistes se soucient peu des pertes ou des dommages causés par leurs agissements.
Haïti sans moyens de contrôle
Comme si cela ne suffisait pas, Dériphonse révèle que le pays ne dispose même pas de moyens pour tester le carburant incriminé. Le spécimen doit être collecté puis acheminé en République dominicaine. Ensuite, il faut attendre que l’aimable voisin nous livre son verdict scientifique.
Selon toute vraisemblance, depuis le week-end du 11 au 13 septembre 2026, la dernière cargaison est mise à l’index. Et les plaintes s’enchaînent. Pourtant, dans la chaîne pétrolière haïtienne, chacun a ses responsabilités.
- Le BMPAD sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances, intervient dans l’importation et la traçabilité.
- Le MCI assure les inspections, le contrôle de qualité et le calibrage.
- Le Conseil consultatif des produits pétroliers, également sous la férule du MEF, joue le rôle de régulateur. Le dit conseil est composé de neuf membres : trois du secteur privé, trois du secteur public et trois des organisations syndicales. Mais qui défend le consommateur lambda au sein de ce conseil installé depuis mars 2026?
En définitive, le secteur pétrolier regroupe une bande de petits copains qui se connaissent entre eux. Tant que les consommateurs et les organisations chargées de défendre leurs intérêts ne forcent pas la porte, ils resteront des victimes éternelles, condamnées à se plaindre. Qui va dédommager les personnes victimes dans ce pays où personne n’est jamais responsable ou coupable de rien?

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