À force de nous accrocher aux futilités, conjectures, distractions de la conjoncture immédiate, nous perdons le nord. Ce serait bien moins grave s’il s’agissait du reste de la population, mais, en fait, le vertige, le tourbillon, la tornade des élections emportent, en premier, les soi-disant leaders qui se bousculent au portillon. Pressés de ne pas rater une occasion inouïe, comme les « dasoman » des fêtes de quartier d’antan. Où en sommes-nous?
Au stade où nous oublions que la crise du pays est multidimensionnelle, donc, transversale, à savoir que la résolution d’une dépend indubitablement de celle des autres, dans un lien inextricable. Elle est, au fait, électorale parce que l’État n’a pas su réaliser le renouvellement régulier, périodique de ses dirigeants, laissant à l’étranger le soin de régler ses tâches républicaines ou démocratiques. À partir de formules macabres, pareilles à celle de la plaque tournante accouchant des mousquetaires du CPT (Conseil présidentiel de transition). Ce qui fait penser à l’organisation politique globale du pays!
Ce qui nous ramène à poser l’épineuse question de la crise constitutionnelle qui renvoie aux revendications de départ : amendement de la Charte de 1987, transition de rupture, changement de système… Une nouvelle Constitution devrait automatiquement influer sur le processus électoral dans ses missions, attributions, cadres légaux, notamment la loi électorale… Influer sur l’existence des sous-systèmes politiques, partis et regroupements, dans leur reconnaissance, fonctionnement…
Tout cela devrait déterminer la vraie composition du Parlement dans ses pouvoirs, attributions, mode de fonctionnement… Ce qui actualise la crise institutionnelle très vieille et objet fondamental ou principal de toutes les crises sectorielles… Où irait-on loger le pouvoir législatif? Pas au Bicentenaire en raison de l’insécurité instaurée par le règne des bandits légaux à cravate et à savates… C’est donc la crise sécuritaire, la mal-aimée, le mal nécessaire, la bouée de sauvetage, le fonds de commerce des candidats à la présidence, des déshonorables éminences étrangères de pays ennemis intimes d’Haïti.
Où en étions-nous…? Où en sommes-nous…?
Dans cette fange putride, sordide, satanique d’une période de transition sans mission ni mandat ni programme, ni vision ni scrupule ni décorum… sinon faire bien durer le plaisir des jouissances indues tout en faisant miroiter le mirage d’élections mort-nées ou devant inexorablement déboucher sur une autre transition vache à lait des apatrides, renégats, dégénérés, antinationaux… Plats de lentilles des zélés pays ennemis intimes d’Haïti… Boîte de Pandore de soldats chaloska invalides, désœuvrés de pays enfants de chœur de l’Organisation des Nations Unies (ONU)…
Dans cette réalité épuisante, stressante, cruelle, criante de centaines de personnes déplacées qui trompent le soleil, pas la pluie, à qui on demande, sans état d’âme, d’être électeurs avant d’être citoyennes, citoyens… Pour servir de dindons de la farce à la mayonnaise électorale qui ne peut pas prendre… De centaines de milliers de compatriotes expatriés qui jouent à cache-cache dans un combat inégal et illégal avec les agents étasuniens de l’ICE. Lesquels sont effrayés à l’idée de venir revivre les horreurs des seigneurs qui étendent leur territoire concédé par l’État et s’autorisent d’autres droits : impôt locatif, impôt sur le revenu…
Il faut savoir où nous étions, où nous sommes pour savoir quelle action poser, quelle décision prendre en vue de mettre en branle la marche citoyenne, patriotique dans l’alignement, la conscience, la vérité dans la perspective du processus de reconstruction nationale…
Hors de là, point de salut, de transformation de la terre natale en terre promise!

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