Le premier ministre Alix Didier Fils Aimé présente le nouveau code fiscal haïtien, lancé le 1ᵉʳ septembre 2026, comme une étape décisive dans la modernisation de l’appareil étatique et des finances publiques. Le document, dit-il, a le mérite d’harmoniser et de simplifier un ensemble de normes jusque-là dispersées dans plusieurs lois, décrets et textes réglementaires.
Entré en application aussitôt, ce code devrait contribuer à augmenter la pression fiscale. L’objectif est de passer d’environ 5 % du PIB actuellement à 10 % à moyen terme. Une ambition qui vise à doubler les recettes de l’État. Il s’agit également d’améliorer le climat des affaires grâce à un cadre plus clair et plus transparent. L’État prévoit, à travers sa mise en vigueur, de renforcer les pouvoirs de contrôle de la Direction générale des impôts (DGI) pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales.
Cela ne date pas d’aujourd’hui. Le secteur privé formel redoute particulièrement la volonté des autorités d’accroître les recettes publiques en se basant sur l’augmentation des contrôles et des charges sur les rares entreprises qui paient déjà leurs impôts.
Dans une logique d’efficience et d’élargissement de l’assiette fiscale, la DGI parviendra-t-elle à identifier de nouveaux contribuables jusque-là invisibles sur son radar?
Mais… qu’est ce qu’un code fiscal?
Au-delà de la collecte des impôts, un code fiscal est un outil juridique structurant les relations entre l’État, les citoyens, les agents économiques et l’économie elle-même. Il constitue l’ossature de la souveraineté de l’État.
Ainsi, les citoyens sont-ils prêts à mettre la main à la poche? Les fonctionnaires enverront-ils des signaux clairs, capables de rétablir une confiance érodée par des décennies de corruption systémique?
En outre, le niveau avancé de l’informalité dans notre économie exige des approches bien rodées et bien conçues quant aux mécanismes prévus par le nouveau code fiscal. En d’autres termes, les petits commerces et les travailleurs indépendants devront, d’une manière ou d’une autre, entrer dans le circuit fiscal formel.
Formaliser l’informel sera une tâche ardue dans le contexte actuel des territoires perdus et au vu de la mentalité haïtienne. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le travail de base devrait passer par l’éducation et une campagne massive d’information.
Le meilleur signal doit venir de l’exemple donné par les autorités dans leur manière de gérer et d’engager les fonds du Trésor public, ainsi que dans le fonctionnement normal et équitable de la justice sur toute l’étendue du territoire.

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