Des enseignants en classe fondamentale attendent impatiemment de retirer le chèque du mois de septembre parce que des responsables de la Fonction publique choisissent d’épurer les comptes, de faire la chasse aux chèques-zonbi. Ce processus peut durer plus de deux mois…
Qui avait le pouvoir d’émettre les chèques…? Sachant que le processus de nomination dans ce secteur relève du calvaire…? Qui, entre-temps, va assurer la rentrée scolaire des enfants de ces professeurs qui doivent montrer patte blanche, comme s’ils étaient soupçonnés de détourner des fonds publics énormes…?
Des enseignants de l’Université d’État – connus pour leurs initiatives publiques, conférences et formations gratuites dans tout le pays – ont dû renoncer à la corvée de prélever leur chèque de misérable du ministère des Finances… Fonds qui étaient préalablement déposés sur leur compte hébergé dans une banque privée en conformité avec les exigences de l’administration publique. Dans le cadre de ces mêmes contrôles qu’on croirait nécessaires pour alléger le fardeau de l’État, plus grand employeur du pays, jusqu’ici.
Si ces tourments de petits fonctionnaires ne relèvent pas du souci de bonne gouvernance de l’État, d’éradication de la corruption endémique, du népotisme cyclique… c’est que l’État se fait rigoureux, monstrueux envers les plus faibles, économiquement, favorise les dilapidateurs réels, gloutons de fonds publics… Ces tracasseries sont d’ailleurs imposées à un moment où tout, pour se réaliser, exige force, détermination, rage comme dans un parcours du combattant…
Questionnement
Pourquoi l’État se complaît-il dans ce rôle de plus grand employeur? Si ce n’est pour perpétuer vice, vol, dessous-de-table, détournement de fonds, enrichissement illicite, pots-de-vin, concessions frauduleuses, délits d’initié, courtage…Toute l’artillerie de guerre utilisée par tous ceux en haut de l’échelle pour manipuler, se perpétuer, influencer, manœuvrer au détriment de la caisse publique, donc, de la population.
Pourquoi l’État n’utilise-t-il pas un système informatique pouvant repérer ces employés en temps réel, contrôler toutes les actions, activités, initiatives, décisions, mesures…dans leur cheminement, fonctionnement, aboutissement? Quel autre pays fait face à ces problèmes et pose les mêmes actions scandaleuses pour tenter de les résoudre?
Tout ce raisonnement, toutes ces questions cachent un objectif plus crucial que nous ne pouvons dévoiler… Sinon vous nous couperez la tête…! Comment l’État haïtien peut-il être en tête de liste des pays les plus corrompus? Comment les prédateurs d’hier ou d’aujourd’hui font-ils pour être si habiles dans la dilapidation des fonds, biens meubles, immeubles de l’État…?
Ceux-là ne veulent même pas un procès de consolidation pour les habiliter à prétendre aspirer à gouverner le pays… Le détournement des fonds PetroCaribe et des autres serait des péchés mignons, assez gros pour passer dans le trou de l’aiguille de l’État prédateur, exercice impossible, par contre, pour le bénéficiaire du petit chèque-zonbi de 15 000 à 18 000 gourdes. Il s’avérerait donc plus facile d’être riche, malhonnête, sans aveu que pauvre, honnête, digne dans l’État prédateur!
Il est donc une obligation citoyenne, patriotique de penser la reconstruction nationale dans les moindres aspects de l’organisation politique globale… De donner la priorité absolue à la réflexion axée sur les données statistiques, démographiques informatisées liées à l’identification de la naissance jusqu’à la mort… Et dans ce cas d’espèce, pour savoir que la première priorité ce sont les professeurs et enseignants chargés de la transmission du savoir, des connaissances aux jeunes pour la pleine régénération de la société!
De l’État prédateur à l’État-Nation de service public, du bien commun!

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