N’ayant ni assez de temps ni assez d’énergie à gaspiller dans les détails, nous n’allons pas parler des misères qu’inflige la direction de l’Électricité d’État d’Haïti (EDH) à ses clients, mais plutôt de la politique de production d’énergie — fossile, hydraulique, éolienne, solaire, nucléaire. Nous tentons ainsi de cerner le couple formé par l’électricité et les Technologies de l’information et des communications (TIC) dans les avancées des puissances du monde mondialisé, désireuses de dominer d’autres pays et civilisations dans leur volonté de suprématie, de domination et de manipulation.
Le développement accru de l’intelligence artificielle (IA) constitue un tournant majeur dans les rapports entre pays du Nord et du Sud. Il systématise la prépondérance des caractéristiques de la modernisation. Et, dans le cas d’Haïti, il établit le lien étroit entre électricité, éducation et développement des ressources humaines.
Matrice de la modernisation et de la souveraineté
L’IA nous montre que la Matrice, le système, entend se débarrasser des bras, du travail humain, pour créer l’empire des cerveaux au service exclusif de la robotique. C’est à ce point qu’il faut comprendre le plan ancien des puissances occidentales pour Haïti, ainsi que le rôle attribué aux acteurs locaux — conscients ou inconscients — dans ce processus d’effondrement total de la société haïtienne.
Il ne peut y avoir de réel développement sans production d’énergies . Nos compagnies d’électricité sont rangées dans un musée depuis des décennies. Les bureaux de l’EDH fonctionnent à l’aide de panneaux solaires. Ses réseaux poussent l’énergie du désespoir quatre ou six heures par semaine, parfois par mois. Ce qui pousse les moins de cinquante ans à crier, plus par étonnement que par contentement : « weeee yo bay kouran…! »
Ne sachant pas que François Duvalier faisait danser au Carnaval la promesse d’un pays « tou limen » à partir d’un 22 mars… Ce qui aurait été, après le début d’urbanisation de Dumarsais Estimé, le deuxième pas vers une tentative de modernisation du pays — sans oublier la construction plus ancienne des chemins de fer.
Nous ne savons plus très bien si l’urbanisation et l’industrialisation suivent l’électrification, mais nous savons qu’elles marchent main dans la main, jamais l’une sans les autres. Et toutes, elles emmènent l’éducation partout avec elles. L’électrification n’a pas été inventée pour le confort des ménages, mais pour servir l’industrialisation, qui paie la note salée à travers des politiques publiques.
Politiques énergétiques sans vision
Ainsi, nous sommes exempt de reproches éventuels de zélateurs qui pourraient tirer profit du martyrologe de Jovenel Moïse pour rappeler que ce président a été assassiné en raison de sa compréhension de ce sujet. Ils pourraient même rappeler sa lutte pour casser le monopole d’oligarques dans la production d’électricité. Il faut éviter les erreurs du passé!
Pareils faits et arguments ne tiennent pas la route puisque les usines diesel installées dans des villes de province n’ont résulté d’aucune étude de faisabilité ni été intégrées dans une politique publique d’électrification garantissant rentabilité, incitation à la consommation ou création d’industries. Elles étaient vouées, en réalité, à la faillite — comme le projet de Jacmel.
Conscients ou inconscients, des hauts placés jouent le rôle des puissances étrangères en feignant d’ignorer qu’il faut préserver ces usines flambant neuves du vol, de la démolition et de l’usure du temps d’inaction. Les carcasses pourrissent encore sur place, en dépit des cris d’alarme d’un citoyen passé pour fou!
Entre autres leçons de l’histoire : on veut réduire à néant toute possibilité pour ce pays de se relever par l’éducation, à partir des rares avancées technologiques et techniques de certaines générations d’intelligence artificielle. C’est à ce stade précis qu’interviennent les gangs armés à savates, dans leur rage de tout raser, tout détruire : écoles, bibliothèques, centres culturels…
Voilà l’immensité et la noblesse de la mission de Reconstruction nationale!

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