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Le budget 2026-2027 affiche un optimisme qui mise sur une amélioration du climat sécuritaire pour relancer la croissance. Mais entre dépenses massives, territoires perdus et institutions fragilisées, plusieurs zones d’ombre interrogent la faisabilité des ambitions gouvernementales.

Avatar de Dieudonné Joachim

Le décret budgétaire accorde une enveloppe globale de 401,2 milliards de gourdes pour l’exercice fiscal 2026-2027. En réalité, ce budget reconduit les axes stratégiques de l’année précédente : rétablissement de la sécurité, organisation des élections et relance économique. En l’absence de Parlement, l’exécutif s’arroge plus de 96 % du montant global. Au-delà de l’optimisme affiché, il faut regarder de plus près.

Le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils Aimé fonde ses prévisions sur une hypothèse pour le moins risquée. Une amélioration progressive du climat sécuritaire serait censée permettre une reprise de la croissance à hauteur de 0,5 %. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, cette amélioration favoriserait la création d’emplois, l’arrivée d’investisseurs et une hausse des recettes fiscales.

Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique, chargé de la Police nationale, et celui de la Défense, tutelle des Forces armées peu à peu mobilisées , bénéficieront d’une enveloppe de 73 milliards de gourdes. Cette somme, soit 18 % du budget,doit couvrir la masse salariale, les charges opérationnelles et les besoins logistiques.

Optimiste, l’équipe gouvernementale projette des recrutements massifs au sein de ces institutions. Ce serait une décision importante, un pas concret.  Mais ces recrutements sont envisagés dans un environnement où des groupes armés sont responsables de graves violences et violations des droits humains. Ils peuvent représenter des menaces pour  l’existence même des centres de formation.

De plus, la disponibilité des fonds, à elle seule, ne saurait garantir la capacité opérationnelle des institutions concernées. Face à l’urgence, la capacité d’absorption de la Police et de l’Armée sera mise à rude épreuve. Les procédures de passation de marchés publics seront-elles respectées, ou ouvriront-elles la voie à de nouveaux actes de corruption en cascade?

Dans un contexte d’instabilité et de territoires perdus au fil des années, comment acheminer et protéger les équipements nécessaires aux forces de l’ordre? Quelles actions sont prévues, au-delà des fonds, pour recruter des hommes et des femmes plus honnêtes et plus loyaux que les membres des organisations criminelles?

Un autre défi de taille persiste parmi tant d’autres. La maîtrise des dépenses courantes qui absorbent près de 57,9 % du budget. Serge Gabriel Collin l’a lui-même concédé, le 7 octobre 2026, en conférence de presse : « Seules les dépenses d’investissement, infrastructures routières, hôpitaux, équipements structurants, peuvent conduire au développement, notamment dans des secteurs à fort potentiel comme, l’agriculture, le tourisme…».

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COMMENTAIRES DES LECTEURS ET LECTRICES

  1. Avatar de Inconnu
  2. Avatar de Nouvayti
  3. Avatar de Inconnu
  4. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Le texte « Makout versus gangs armés » est une radiographie clinique d’une justesse implacable. En opposant la…

  5. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro, Je tiens à te féliciter chaleureusement pour ton brillant article. Ton analyse est d’une lucidité remarquable et pose…

  6. Avatar de Gilbert Mervilus

    Cher Maestro Je tiens à te féliciter chaleureusement pour la puissance, la justesse et la profondeur de ton texte. À…

  7. Avatar de Erno Renoncourt

    Point besoin d’avoir un diplôme de Havard University en fiscalité et gouvernance des entreprises pour savoir que ce n’est qu’une…

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